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"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

mardi 6 juin 2017

Incarceron ~ Catherine Fisher

« Ils pénétrèrent dans la Prison en grande pompe. On ne les revit jamais. »


Résumé de la quatrième de couverture :

Finn est prisonnier d’Incarceron, un univers pénitentiaire plein de dangers, de trahisons et de menaces. Il tente par tous les moyens de s’évader. Claudia, la fille du directeur d’Incarceron, vit à l’Extérieur, dans un royaume figé au XVIIIe siècle. Piégée par une existence qu’elle n’a pas choisie, elle cherche à percer les mystères de la Prison.
Un jour Finn et Claudia trouvent une clé, qui permet à chacun de communiquer avec l’autre. Alors surgit un espoir, la possibilité d’échapper à un destin tout tracé dont ils ne veulent pas.

La première de couverture cite le Times affirmant qu'Incarceron est un des meilleurs livres de fantasy. En ouvrant ce livre, on s'attend donc à plonger dans un univers fantasy. Mais non, il s'agit davantage d'une dystopie. Dommage.
L'univers créé par l'auteur est riche, bien pensé mais pas assez développé. On découvre Incarceron, une prison immense, il s'agit véritablement d'un monde. Elle est divisée en étages, en unités et une foule de gens y vivent depuis maintenant 150 ans. Les conflits sont monnaie courante, les meurtres, les vols rythment le quotidien. Dans cette prison, tout peut arriver et malheureusement, l'auteure n'exploite pas cette infinité de possibilités. Elle se contente de rester à la surface des choses, et c'est flagrant pour bien des aspects.
Les personnages sont fades. Finn, le héros, a oublié son passé, il pense qu'il vient de l'Extérieur de la prison car il lui reste des bribes de souvenirs. Il semble assez réservé et s'en remet souvent à Keiro, son frère de sang. Ce dernier brille par son arrogance, sa malice et son sens douteux de la loyauté. Cependant, il n'hésite pas à suivre Finn lorsque celui-ci quitte leur unité pour essayer de s'évader. Ils partent avec Gildas, un Sapient, soit un homme de savoir, un descendant de ceux qui ont accepté d'entrer dans la prison au tout début pour aider les prisonniers dans leur rédemption. Gildas est persuadé que Finn est un prophète et qu'il communique avec Sapphique, le seul homme ayant réussi à s'évader d'après la légende. Vient ensuite Attia, une esclave sauvée par Finn et qui décide de le protéger.
Parallèlement, nous suivons la vie de plusieurs personnes à l'Extérieur. Claudia, une jeune fille très riche, promise au prince du royaume et également fille du directeur d'Incarceron. Peu approfondi, ce personnage est assez cliché. Son père, John Arlexi, est un homme froid et distant qui pourtant tire son épingle du jeu par différentes révélations au cours de l'histoire. Enfin, il y a Jared, un Sapient et professeur de Claudia.
On ne sait finalement pas grand chose des personnages, ils agissent et pensent mais sans grande personnalité. Finn, notamment, agit parfois comme un bébé alors qu'il a à peu près 18 ans. C'est vraiment dérangeant.
Cet Extérieur est figé dans l'Époque, réplique du XVIIIe siècle où tout doit être conforme au Protocole. Cela n'empêche pas Claudia et Jared d'y déroger en menant des expériences avec des appareils électroniques. On n'a pas assez d'éléments pour que ce monde soit crédible, tout semble bricolé, comme si l'auteur n'avait pas assez cherché pour pouvoir faire des descriptions tangibles.
Le style est parfois maladroit. L'auteur ne laisse pas de sous-entendus, elle explique toujours tout ce qu'elle veut dire, ce qui est assez agaçant, elle ne permet pas au lecteur de faire son propre cheminement. Les dialogues ne sont pas toujours clairs concernant la personne qui parle.
Les extraits mis en exergue au début de chaque chapitre constituent un élément vraiment plaisant car ils révèlent des choses sans trop en dire. Cela donne plus d'authenticité. Les quelques références à la mythologie sont également bienvenues, notamment les trois Parques et Icare, car elles permettent d'instaurer un dialogue avec le lecteur.

Le tome 2 est à l’image du premier, superficiel. Un nouveau personnage entre en scène, le magicien Rix. Mais encore une fois, il n’est pas assez exploité. La Prison prend une certaine ampleur en tant que personnage, élément bienvenu pour relancer l’intrigue. Cependant, le tout est encore une fois bricolé, il n’y a pas le grandiose qu’on attend dans ce genre d’histoires. On a plus l’impression de lire l’histoire d’un village isolé. La fin apporte des surprises peu satisfaisantes.
Extrait :

« — Non, il ne peut pas, vieil homme.
Finn se retourna. Les deux autres firent de même.
Tapis dans la pénombre du tunnel, les membres du Commando émergèrent. Sous l’empire du qat, les yeux rouges, ils brandissaient arbalètes et pistolets. Finn vit Big Arko gonfler le torse puis sourire d’un air sadique. Amoz faisait tournoyer sa hache.
Au milieu de ses gardes du corps, immense et lugubre, se tenait Jormanric. Sa barbe était tachée de jus rouge comme du sang.
— Personne ne va nulle part, rugit-il. Et cette clé reste là. »
Le mot de la fin :

En somme, c'est une histoire divertissante mais qui n'apporte rien à l'édifice de la littérature de l'imaginaire à cause d'un sujet traité de façon superficielle.

Alors, voulez-vous tourner ?

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