Citation

"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

dimanche 29 mai 2016

Qui veut la peau de Marc Lévy ? ~ Gordon Zola

« Où Gordon Zola apprend à son public profane comment on déniche des auteurs… »




Résumé de la quatrième de couverture :

Quel est donc ce drôle d’oiseau qui a décidé d’éliminer les nuisibles de la littérature ? Marc Lévy, BHL, PPDA, Florian Zeller et Frédéric Beigbeder ont disparu !
La profession a peur…
Jusqu’où ira ce mystérieux kidnappeur qui n’hésite pas à utiliser les oiseaux comme une arme de destruction massive ?
Heureusement, le commissaire Guillaume Suitaume veille au grain !

« Un thriller qui ne caresse pas dans le sens de la plume » Télémara
« Gordon Zola jette encore un pavé dans la mare aux canards » Le pigeon entravé
« Plus qu’une prise de bec, ce livre est une prise de conscience » L’Ergot Winch
Quoi de plus divertissant qu’un auteur kidnappé essayant de garder la face ? L’auteur a parfaitement compris le pouvoir d’attraction d’une telle intrigue et il n’hésite pas à aller jusqu’au bout de son idée. Les plus célèbres (et médiatiques) écrivains de notre siècle y passent et ils n’en sortiront pas indemnes !
Les personnages impliqués dans ces affaires de meurtres et de disparitions gravitent autour du milieu de l’édition et de la littérature en général. L’auteur se permet donc (et il en a parfaitement le droit) de se livrer à quelques réflexions sur ce monde peuplé de drôles d’oiseaux. Le rapport de la littérature aux médias, le côté impitoyable de la sélection des auteurs ou encore les choix de divertissement du peuple sont des thèmes largement abordés. C’est une vision impitoyable qui est délivrée, et dont la maison Flemmarion fait les frais.
Le poilar des éditions du Léopard (Dé)Masqué offre une véritable enquête, menée par une équipe de choc : le commissaire Guillaume Suitaume, la douce Purdey Prune et l’infernal duo composé de Habib Lioteck et Achille Pendule. Tous les ingrédients sont réunis pour concocter une recette incroyable qui fonctionne très bien. Les indices, les témoins, les suspects, tout est crédible. Gordon Zola manie le suspense et le retournement de situation avec brio. Il balade le lecteur jusqu’au bout.
Humour et abondante intertextualité sont également de la partie, pour le plus grand bonheur des amoureux des oiseaux, dont les références n’en finissent plus.
Extrait :

« - Ah ! Vous êtes dans l’édition ? nota Purdey.
- J’étais, biffa l’autre, en faisant une grimace extrêmement audacieuse qui la rendit presque belle. Compression de personnel, comme disent les handicapés du vocabulaire, les culs-de-jatte de la syntaxe. Si on compressait le personnel, il serait toujours là, un peu plus à l’étroit, mais toujours là ! Ce n’est pas de la compression, c’est de l’expulsion ! Vingt ans de bons et loyaux services, comme on dit, et hop ! Au rebut ! La vieille à la casse ! Dans la machine à rêves qu’est l’édition, on aime bien le jeunisme, la beauté, les inexpérimentés qui savent se coiffer, s’allonger et se recoiffer ! Tous des ordures ! Enfin, son livre a finalement été retenu et voilà… Vous savez, c’est un métier où le talent est accessoire ! »
Le mot de la fin :

Un excellent poilar, bien ficelé, et qui donne enfin une vision sans fards de la littérature !

dimanche 22 mai 2016

La Fantasy ~ Anne Besson

« Quels sont les visages de la magie en fantasy ? »




Résumé de la quatrième de couverture :

Une grande vogue éditoriale accompagne aujourd'hui le succès public de la fantasy, dans ses expressions littéraires et cinématographiques aussi bien que dans le domaine du jeu. Sans doute est-il temps, non plus de décrire, mais bien d'interroger ce genre qui constitue un phénomène de société.
L'objectif de ces 50 questions est de cerner les ressorts de cet engouement, en multipliant les angles d'approche pour dépasser les idées reçues : qu'est-ce que la fantasy ?, comment s'est-elle renouvelée au cours de son histoire ?, Tolkien est-il indépassable ?, pourquoi nous parle-t-elle à ce point aujourd'hui ?
La fantasy est un genre qui se développe énormément depuis le début des années 2000. C'est assez difficile de démêler la production actuelle, entre les différents genres de fantasy, le fantastique et la science-fiction. Beaucoup confondent ces genres, n'en comprenant pas les codes spécifiques.
L'essai d'Anne Besson propose d'étudier l'un de ces genres de l'imaginaire, à savoir la fantasy. La collection « 50 questions » lui permet d'aborder tous les thèmes problématiques de façon claire et synthétique. Elle évoque ainsi la distinction avec les autres genres (car non Harry Potter n'est pas du fantastique), l'histoire du genre, ses différentes caractéristiques ainsi que les dérivés contemporains (films, jeux vidéos...). Elle n'apporte pas de véritable réponse à certaines questions mais explore les possibilités qui s'offrent à nous. S'attardant sur certaines notions, l'auteure tente de circonscrire le genre, d'un point de vue historique, géographique ou esthétique. Les origines du genre sont rassemblées, parfois contestées afin de comprendre pourquoi ce genre a une telle ampleur aujourd'hui. La fantasy parvient à mêler des mythes antiques à une démarche moderne qui ancre le récit dans l'époque contemporaine.
L'importance des mythes est soulignée à plusieurs reprises et montre que la fantasy puise dans différents canons de la littérature et peut exister sous différentes formes. Cela permet de voir que ce genre, qui s'adresse pour beaucoup à un jeune public, possède des caractéristiques littéraires intéressantes à comprendre, comme la notion de cycle ou celle de monde fictionnel.
Cet essai permet de voir que la fantasy s'étend au-delà de Tolkien et qu'elle s'est fait une place de choix dans la production livresque et culturelle de façon plus large. C'est un genre multimédiatique qui a su conquérir un très large public, que ce soit en livre, au cinéma, ou dans les jeux de rôle.
La bibliographie critique est particulièrement intéressante et invite à approfondir l'étude de ce genre, de même que l'index des titres cités dans l'ouvrage qui vous permettra d'allonger votre wish-list !
Extrait :

« La fantasy aurait ceci de particulier dans ce cadre qu'elle se livre de manière assez systématique à une rationalisation au moins esquissée de ses procédures magiques : doté de cohérence interne, le monde construit par sa pulsion cosmogonique intègre l'explication ou la mise en scène de sa logique pré-rationnelle. La manière dont est susceptible de fonctionner, concrètement, la magie, faisant en outre partie des points délaissés par Tolkien, et donc ouverts à l'enrichissement par ses successeurs, va faire l'objet d'une émulation de la part des auteurs, et d'une attention toute particulière du lectorat spécialisé. La vraisemblance et la sophistication du système magique mis en place sont évaluées par des critères empruntant à la fois aux techniques littéraires (comment renouveler la description des sorts, sans abuser de leur efficacité narrative ?) et à l'imaginaire de la science (d'où vient l'énergie ? quelles sont les conséquences des modifications apportées à la matière ?). »
Le mot de la fin :

Un très bon essai qui constitue une bonne entrée en matière pour ceux qui ne sont pas familiers du genre, mais qui peut aussi apporter un regard éclairé aux lecteurs plus confirmés.

dimanche 15 mai 2016

Où j'ai laissé mon âme ~ Jérôme Ferrari

« Il a envie de retourner voir Tahar, de s’asseoir en face de lui dans l’obscurité rassurante de la cellule. »



Résumé de la quatrième de couverture :

1957. A Alger, le capitaine André Degorce retrouve le lieutenant Horace Andreani, avec lequel il a affronté l’horreur des combats puis de la détention en Indochine. Désormais les prisonniers passent des mains de Degorce à celles d’Andreani, d’un tortionnaire à l’autre : les victimes sont devenues bourreaux. Si Andreani assume pleinement ce nouveau statut, Degorce, dépossédé de lui-même, ne trouve l’apaisement qu’auprès de Tahar, commandant de l’ALN, retenu dans une cellule qui prend des allures de confessionnal où le geôlier se livre à son prisonnier…
Sur une scène désolée, fouettée par le vent, le sable et le sang, dans l’humidité des caves algéroises où des bourreaux se rassemblent autour des corps nus, Jérôme Ferrari, à travers trois personnages réunis par les injonctions de l’Histoire dans une douleur qui n’a, pour aucun d’eux, ni le même visage ni le même langage, trace, par-delà le bien et le mal, un incandescent chemin d’écriture vers l’impossible vérité de l’homme dès lors que l’enfer s’invite sur terre.
Publié en 2010, cet ouvrage m’a vraiment convaincue de lire tous les Jérôme Ferrari qui passeraient à portée de main. J’avais déjà lu Le Sermon sur la chute de Rome, qui m’avait beaucoup plu, mais celui-ci va bien au-delà. De plus, j’ai eu la chance de rencontrer cet auteur lors d’une conférence, ce qui a bien éclairé ma lecture.

La quatrième de couverture présente très bien l’intrigue, aussi je rentre directement dans le vif du sujet.
Les interrogations fusent tout au long du roman, aucunes ne trouvant de réponse valable. Parmi elles : jusqu’où un homme est-il capable d’aller sans perdre sa dignité ? Est-il concevable de tuer un homme pour le bien d’une centaine d’autres ? Pourquoi est-ce si difficile d’écrire à sa famille en tant de guerre ?
La question éthique prend une place importante dans ce roman. La littérature permet d’expérimenter la vie des autres, elle cultive l’empathie et donne à regarder. Il s’agit de comprendre les arguments des autres, ce qui est le cas ici car Ferrari donne la parole aux deux personnages, les deux points de vue sont mis en parallèle.
Ferrari pose aussi la question de la responsabilité. Lorsqu’on est bourreau, est-on responsable de ses actes ou est-ce la hiérarchie ? Le colonel donne des ordres à Degorce mais cela ne l’empêche pas de se sentir coupable.
Andreani critique l’approche empathique de Degorce car il est trop compatissant et ne condamne pas les actes commis par Tahar. Il a trop cherché à comprendre son ennemi, en passant du temps avec lui dans sa cellule, si bien qu’il n’a plus un regard objectif sur la situation. Il voit Tahar comme un égal. Il y a toute cette question d’humaniser des êtres qui se comportent comme des animaux.
Tout le roman présente un rapport à Dieu, avec des citations bibliques. Citer la Bible dans ces conditions c’est poser la question de Dieu : existe-t-il vraiment ? Pourrait-il vraiment permettre de telles horreurs ? Il y a cette confrontation entre la condition de l’homme et celle de Dieu. Degorce a parfaitement compris que leur statut ne leur donne pas la possibilité de commettre n’importe quelle horreur. Jérôme Ferrari parle de mysticisme plus que de religion. Il s’agit pour lui d’allier le trivial et le sacré car ce sont des « opposés qui s’éclairent sans se pervertir ».
Le rapport au corps est présenté de nombreuses fois, notamment à travers la déshumanisation. Ce corps est en effet le pendant de l’âme, matériel et terriblement humain. « Le corps est un tombeau » rappelle Andreani. C’est le corps qui est brutalisé lors des interrogatoires, c’est le corps d’une femme qui est violé, celui d’un homme qui est tabassé. Andreani évoque plusieurs fois ses souvenirs du camp au Viet Nam et de la déchéance des corps, affamés, amaigris, malades. Cette déchéance signe leur perte de dignité. Ils ne sont plus humains, il ne reste d’eux que des os et de la chair, vides. La dégradation subie laisse autant de séquelles mentales que de plaies physiques. Tout au long du roman, Degorce raisonne ses soldats pour qu’ils ne fassent pas de violence gratuite sur les prisonniers. Il est capable de voir l’homme comme combinaison de corps et d’âme, comme identique à lui, lui qui a aussi connu la détention et l’humiliation.
Toutes ces questions de morale et de rapport à l’autorité, quelle qu’elle soit, renvoient à cet héritage que nous a laissé la guerre d’Algérie et qui ne peut s’effacer, de même que toutes les guerres qui ont marqué notre histoire. « En tout homme se perpétue la mémoire de l’humanité entière. »
Les voix des personnages sont particulièrement mises en avant par différents procédés, comme les pensées en italique de Degorce, et instaurent une temporalité. Le langage est présenté comme une impasse, presque une imposture qui est au fond le seul outil des personnages pour exorciser leur mal intérieur.
Extrait :

« Fermez-la quand je parle, mon adjudant-chef, fermez-la ! dit sèchement le capitaine Degorce en ayant pleinement conscience de son autorité retrouvée. Contentez-vous d’écouter et de la fermer jusqu’à ce que je vous redonne la parole : donc, si nous perdons l’efficacité de vue, si nous permettons à des Febvay de se défouler et de prendre un plaisir pervers, un plaisir lubrique à… au déroulement du… processus, nous ne sommes plus des soldats qui remplissent leur mission, nous sommes… Je ne sais pas ce que nous sommes. Je ne veux même pas l’imaginer. Vous me comprenez ? »
Le mot de la fin :

L’intérêt de son œuvre réside dans son unité thématique sur les conflits, d’abord dans le contexte avec les guerres d’Algérie, d’Indochine ou la Seconde Guerre mondiale, puis entre les personnages dont les points de vue divergent. Ferrari opère des oppositions en mettant en regard deux générations, deux visions du devoir, deux physiciens… Le rapport au sacré est filé tout au long des romans, l’intrigue ne se détache jamais d’une part de mysticisme. Tous ces éléments confèrent à cette œuvre une dimension historique, littéraire et esthétique.

dimanche 8 mai 2016

L'Eau de Laya ~ Mickaël El Fathi

« Je t’emmènerai sur cette colline, Laya, et nous danserons la nuit dans ses champs de lumières »




Résumé de la quatrième de couverture :

Salem et Laya étaient potiers. Ils vivaient sur une colline brodée d'oliviers. Autrefois, la large rivière qui coulait à leurs pieds reflétait le vol des cigognes arrivées par milliers. Désormais un mince filet d'eau se faufilait à peine dans un pli de vallée...
Encore une fois, je n’ai pas été déçue par les choix de la maison Motus !
Je cherchais un livre pour fêter la naissance d’un enfant dans la famille. Au Salon Livre-Paris, je suis allée directement voir Motus, et François David, auteur et éditeur, m’a conseillé cet album. Après l’avoir feuilleté, il était évident que je le prenais tant le sujet est bien exploité.

L’auteur, qui est aussi l’illustrateur, nous présente un couple de potiers et leur âne, vivant dans une vallée où l’eau se fait très rare. Ayant besoin d’argile, Salem part à la recherche d’eau et de terre, loin de leur maison. Il fait alors une découverte extraordinaire. Cet ouvrage décline le thème de la création dans toute sa splendeur, ce que la dernière double-page ne fait que confirmer. Je pense qu’on peut aussi voir un message d’amour à notre planète, à toutes les belles choses qu’elle nous donne et Laya, en façonnant l’argile, se fait son porte-parole.
Comme le précédent album Motus que j’avais lu, Le garçon au cœur plein d’amour, le point fort de ce livre est bien sûr l’alliance parfaite entre textes et images. Les phrases sont très poétiques, le vocabulaire est riche et invite vraiment à plonger dans l’univers de l’auteur. L’alternance entre dialogue et narration rythme à merveille l’album.
Les dessins sont très colorés, on voit clairement l’Afrique à travers eux et cela rend l’album magnifique et chatoyant. Chaque double-page possède une palette de tons très différents, on passe du vert au bleu, du rouge à l’ocre… L’illustrateur ne se contente pas de dessiner un chemin, il ajoute des motifs dans la terre, sur la plaine, dans le ciel, il y a pas mal de détails qui invitent à prendre le temps de regarder et de savourer. De plus, les dessins reflètent une texture particulière, on a l’impression de sentir la matière. Ils signifient beaucoup de choses, pour peu qu’on s’y attarde.
La qualité éditoriale de cette maison tient au fait qu’elle intègre parfaitement le texte à l’image. On n’a pas simplement affaire à des lignes, les phrases épousent les formes, que ce soit celle du puits, celle de l’étang, celle de l’argile. La typographie est très soignée et permet différents niveaux de lecture. Enfants comme adultes peuvent prendre du plaisir à découvrir cet univers et cette histoire car ils s'adressent à un large public.
Extrait :


Le mot de la fin :

Un album d’une grande qualité, il invite vraiment à réfléchir et partager autour de sa lecture, il ne laisse pas le lecteur passif, ce qui est idéal pour les enfants. Encore une fois une très belle idée de cadeau !

jeudi 5 mai 2016

Pourquoi lire des classiques ?


Beaucoup de gens le disent, lire des classiques est une corvée, surtout lorsqu’ils sont imposés en cours. Il convient de revenir sur ce point car certaines œuvres sont parfois jugées trop rapidement.

Comme beaucoup, j’avais des préjugés sur les classiques. En arrivant en seconde, ma professeure de français m’a très clairement expliqué que je ne pouvais pas me contenter de fantasy pour ma culture, d’autant que je voulais intégrer une première littéraire et poursuivre sur une prépa. L’été suivant, je me suis donc penchée sur la question des classiques. 
Nous avions une œuvre obligatoire à lire, L’œuvre de Zola pour l’option histoire des arts, et autrement le programme des vacances était libre dans les autres matières. Je suis donc allée à la bibliothèque et j’ai emprunté les œuvres les plus courtes et qui me semblaient les plus indispensables. J’ai vraiment écrémé la liste générale qu’on m’avait donnée. Me voilà donc sur la plage avec du Molière, du Corneille, du Mme de la Fayette. Ces lectures ont été un véritable calvaire car je me suis ennuyée et je n’ai rien pu en tirer. Puis, est venu le temps de Zola. Cette histoire a été comme un électrochoc. Le thème de l’art me plaisait vraiment au départ, mais en plus de ça j’ai redécouvert un auteur que je n’appréciais pas spécialement avant. Ce livre n’est pas le premier cité par les enseignants, alors qu’il est vraiment très riche et dépeint une société qui intéresse pas mal d’élèves et de jeunes gens, à savoir les artistes dans la deuxième moitié du XIXe siècle.
À partir de là, j’ai voulu donner une chance aux classiques et aux auteurs que je n’aimais pas. Cela s’est révélé assez fructueux pour quelques-uns comme Maupassant, Montesquieu ou Sartre. Arrivée en prépa, notre professeure de littérature a mis le doigt sur ce qui ne va pas : on ne s’attarde que sur certains ouvrages, alors que les auteurs en ont écrit bien d’autres. C’est comme ça que La recherche de l’absolu de Balzac s’est retrouvée dans mes mains, une révélation, car je détestais cet auteur.

Il faut comprendre que les grands classiques doivent être connus, pour la culture générale, mais on les étudie tellement en classe qu’il n’est pas nécessaire de les lire en entier. Prenez quelques extraits dans un manuel, posez-vous quelques questions sur l’œuvre, mais la lire en entier n’est pas toujours nécessaire si vous n’avez pas aimé l’extrait. Il vaut mieux fouiller dans l’œuvre de l’auteur, on trouve parfois de vraies perles que les professeurs mettent de côté pour des raisons que j’ignore totalement. Si vraiment vous n’aimez pas les classiques parce que ce sont des histoires qui datent et que le contexte ne vous plait pas, dites-vous que Stendhal n’a pas seulement écrit Le rouge et le noir mais aussi une nouvelle intitulée Vanina Vanini. Le style de l’auteur s’y retrouve très bien, et le format de la nouvelle empêche de faire des descriptions interminables. Tout le monde y trouve son compte. 
Certains auteurs ont des périodes d’écriture différentes, les œuvres de la jeunesse n’ont pas le même ton que celles de la maturité. Aussi, vous pouvez être surpris par certaines périodes de leur vie et vous laisser davantage entraîner dans l’histoire.
Il existe des méthodes alternatives comme le livre audio qui peut être plus intéressant, les abrégés (à condition que les passages sélectionnés soient pertinents), les réécritures dans d’autres genres comme la BD, le manga… Il faut quand même vérifier que l’histoire originelle n’est pas trop modifiée mais les maisons d’édition proposent un large choix de ce type de réécritures. Un autre biais peut être le changement total de média. Les classiques ont été très souvent adaptés en film, en pièce de théâtre. Cela vous permet d’avoir la trame narrative et peut vous donner envie de lire le livre. Les pièces de théâtre ne reprennent pas forcément le même genre, beaucoup de metteurs en scène proposent des adaptions de romans, de contes, des lectures de poésie, parfois associés à d’autres formes artistiques comme la musique. Il y a beaucoup de diversité, chaque profil de lecteur peut y trouver son compte.

J’ai eu ce cas d’électrochoc avec :
• Balzac : La Recherche de l’absolu, Le chef-d’œuvre inconnu
• Hugo : L’Homme qui rit
• Ionesco : La Leçon
• Sartre : Morts sans sépulture
• Verne : Deux ans de vacances
• Zola : L’œuvre

Que pensez-vous des classiques ? Quels sont vos préférés et ceux que vous aimez le moins ?