Citation

"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

jeudi 31 mars 2016

Histoires extraordinaires ~ Edgar Allan Poe

« Mais, pour trancher la question, je réclame ma récompense. »




Résumé de la quatrième de couverture :

Baudelaire avait raison : ces nouvelles sont extraordinaires. Un homme atteint la lune en ballon, un autre transforme en or les vils métaux, les morts apparaissent pour entraîner les vivants au tombeau, les malédictions s'accomplissent. [...]
“Edgar Poe a emprunté la voie royale du grand art. Il a découvert l'étrange dans le banal, le neuf dans le vieux, le pur dans l'impur. Voilà un être complet”, disait Valéry.
Poe est un auteur que j'aime beaucoup, c'est un maître du fantastique, un modèle. J'ai beaucoup aimé les cinq premières nouvelles. Elles sont très abouties, avec une vraie chute à la fin, ce qui est de plus en plus rare aujourd'hui. Les personnages sont drôles, aboutis et leurs aventures tiennent vraiment de l'extraordinaire, surtout le voyage pour la Lune. Poe ajoute toute de même des notes scientifiques qui tendent à donner de la crédibilité à ces événements bien étranges. On est bien dans cette tension, que recherche tout lecteur de fantastique, entre réalité et étrangeté. Parfois, on se pose la question de savoir si cela pourrait se passer comme ça.
Celles d'après sont moins captivantes je trouve, il y a parfois des longueurs sur les explications scientifiques ou métaphysiques. Cela coupe la lecture, on sort un peu de l'histoire et on en vient à se demander quel est l'intérêt de dire autant de choses car tout ne sert pas l'intrigue. Il arrive que la nouvelle dérive vers le traité ou l'essai. Mais la chute est toujours saisissante et l'histoire extraordinaire !
Le narrateur est une première personne, ce qui renforce la proximité avec l'histoire et ce sentiment de malaise qui peut nous saisir à la lecture.
Extrait :

« Maintenant, pour qu'on ne me croie pas plus fou que je ne le suis, je vais exposer en détail, et le mieux que je pourrai, les considérations qui m'induisirent à croire qu'une entreprise de cette nature, quoique difficile sans doute et pleine de dangers, n'était pas absolument, pour un esprit audacieux, située au-delà des limites du possible. » in « Aventure d'un certain Hans Pfaall »
Le mot de la fin :

Un recueil bien sympathique, l'avantage de la nouvelle étant qu'on n'est pas obligé de tout lire d'un coup. C'est un petit plaisir qui se déguste.

dimanche 6 mars 2016

Écrire au musée ~ Plumes d'ici et d'ailleurs

« Mais l’art n’a rien de concret, c’est à toi de voir si tu aimes ou pas. »




Résumé de la quatrième de couverture rédigé par Odile Zeller:

Une équation extraordinaire, une devinette : Rothko + Matisse + Hopper + Maurice Cullen + Cézanne + Monet + Rodin + Camille Claudel = ? Et la liste est plus longue encore. Vous avez deviné ? Ce sont certains des peintres qui ont inspiré ce recueil de nouvelles. Ces grands artistes exposés ici et ailleurs sont à l'origine de ce concours dont la thématique était « écrire au musée ». Merci à ces maîtres de la peinture qui nous ont donné un grand plaisir d'écriture sur leurs traces et dans leur ombre ! Bonne lecture à tous !
Tous les auteurs :

Anaël Solat, Joanna Blin, Claude Hiblot, Peter Ranson, Alix Torloi, Andrée Jacquet, Dominique Pichard, Odile Tuaillon Charrier, Anne-Marie Pissavin, Anthony Boulanger, Karine Guiton, Mélanie Jasmin, Isabelle Lalbin, Catherine Esquerre, Annie Desplanques, Danièle Perrault, Catherine Aguillon et Antoine Raclin

Tous ces auteurs ont été sélectionnés après un appel à textes par Plumes d'ici et d'ailleurs dont voici le blog : Plumes d'ici et d'ailleurs
Ce sont dix-huit nouvelles qui nous sont proposées, dont une en anglais. Chacune se termine par une courte biographie de son auteur. Ces derniers viennent de tous les horizons et ont des parcours très différents. Certains ont déjà une expérience de l'écriture, d'autres non. C'est ce qui fait la richesse de ce recueil.
Le thème de l'art permet vraiment de faire ce qu'on veut de sa nouvelle. On peut s'inspirer de tellement d'œuvres, sans jamais les cerner complètement, que cela en fait une source inépuisable d'imagination.
L'œuvre est exploitée différemment selon les nouvelles, elle peut être un personnage à part entière, un élément intégré à la vie des héros, un décor pour l'intrigue mais elle constitue toujours un électrochoc pour les héros.
La nouvelle « Ecouter la couleur » d'Anaël Solat est ma préférée et ce n'est pas pour rien qu'elle a remporté le premier prix. La chute est simple, sans qu'on s'y attende. La nouvelle nous fait état de tout ce qu'on peut ressentir face à une œuvre d'art et je pense que chacun s'y retrouvera.
Même si vous n'aimez pas l'art, vous trouverez votre compte, car ce sont avant tout des histoires, des passages de la vie des personnages, des pensées d'auteurs qui voient dans les musées des puits de savoir et des échappatoires menant vers l'imagination que chacun possède.
Extrait :

« C'est pas la gaieté qui l'étouffe, ton géniteur. Le drame couve sous les croûtes. Les couleurs, c'est la guerre froide ; les tronches, c'est le Miserere ; les couples c'est l'hôtel du cul tourné. Je voyais ça plus vivant, l'Amérique : des cow-boys qui dansent la polka irlandaise, entre mecs, devant le feu, dans des cercles de chariots : ils se pintent au Whisky après avoir tiré le bison ; des Blacks qui sniffent de la blanche avant d'emboucher le saxo ; des trains poussifs qui peinent et qui sifflent ; des courants d'air chaud sous les jupons de Marilyn... »
in « Devant Office at night » de Claude Hiblot, coup de cœur du jury.
Le mot de la fin :

Un recueil qui offre un large aperçu de la production artistique et qui montre que l'art touche n'importe qui. Je pense qu'il y a quelque part dans le monde une œuvre qui correspond à chacun, c'est pourquoi il ne faut pas fermer les portes à l'art. Il prend trop de formes pour que vous ne trouviez vraiment rien d'intéressant.

Lien pour acheter le livre : Christophe Chomant éditeur