Citation

"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

samedi 27 février 2016

La Cour des miracles ~ Prix Mille Saisons

« La courtoisie pure, c’est comme le lait d’une vierge, si rare qu’on la savoure. »




Résumé de la quatrième de couverture :

Prenez le pouvoir ! N'attendez pas que les miracles se produisent. Réalisez-les !

Le prix Mille Saisons inaugure avec La Cour des miracles la première collection interactive des littératures de l'imaginaire.
Nous vous proposons de choisir l'univers, l'auteur et l'illustrateur de nos prochaines publications.
La Cour des miracles présente vingt nouvelles, chacune illustrée par un élève de l'école Jean Trubert.
A l'intérieur de ce recueil, vous trouverez un code vous permettant de voter pour l'un des auteurs et illustrateurs.
Le Prix Mille Saisons sera attribué grâce à votre participation. L'auteur verra son roman, dont la nouvelle est l'esquisse, édité dans la collection Mille Saisons. Quant à l'illustrateur, il lui sera confié la réalisation de la couverture.
Les auteurs, leur nouvelle et l'illustrateur :

Gabriel Féraud – Pas de bagatelle pour les gueux (hors concours)
        illustrée par Thomas Van Havermaet
Mélaine Legrand – Debout les morts !
        illustrée par Thomas Van Havermaet
Jonathan Millet – Les enfants du rêve
        illustrée par Heloïse Goude
Vincent Mondiot – La bande du 21
        illustrée par Jean-Baptiste Margarit
Marine Auriol – La nuit d'Angus
        illustrée par Amélie Grossmann
Marion Poinsot – La mine d'or d'Eduardo
        illustrée par Agathe Plunian
Marie-Christine Codarini – La jeune fille au dessin
        illustrée par Emmanuelle Wicht
Elie Darco – L'arénaire du Décalion
        illustrée par Emmanuelle Wicht
Olivier Vanderbecq – La grande Purge
        illustrée par Sylvie Tarrié
Danü Danquigny – Sapiens Incertus
        illustrée par Thomas Levadoux
Philippe Deniel – Nouveaux alliés
        illustrée par Agnès Pelletier
Jean-Pierre Misset – La vie des gueux amadouée en proverbe
        illustrée par Agnès Pelletier
Jean-Michel Mengoli – Le tyran malgré lui
        illustrée par Pedro Souza
Thibault Bru – Héliopolis
        illustrée par Michaël Destivelle
Philippe Aurèle Le Roux – Atrium Miracula
        illustrée par Nicolas Wagner
Jean-Pierre Favard – L'appât
        illustrée par Paul Fouratier
Kéti Touche – China Ya
        illustrée par Morgane Lemaire
Guillaume Roussel – Pendaison Haute et Cour
        illustrée par Maxime Gandel
Ethel Karskens – La valse des miracles
        illustrée par Noé Violas
Lydie Blaizot – Le S.I.R.
        illustrée par Agathe Plunian
Robert Belfiore – Un certain Mr Joly
        illustrée par Olivier Zambon
Quoi de plus motivant pour un lecteur que de choisir les romans qui sortiront prochainement ? C'est certainement le point fort de cette collection Mille Saisons qui propose à chacun d'élire la meilleure nouvelle et le meilleur illustrateur de l'anthologie.
Vingt nouvelles et autant d'illustrations pour vous plonger dans des univers fascinants et absolument uniques !
L'anthologie regroupe différents genres de l'imaginaire, à savoir le fantastique, la fantasy, la science-fiction ou encore le space-opera. De l'Antiquité à un futur bien éloigné, les auteurs interprètent et réinventent cette Cour des miracles que nous pensons tous connaître. Classique ou audacieuse, la Cour n'a de cesse d'interpeller et de questionner le lecteur. Les estropiés le sont-ils vraiment ? De qui se cache la Cour ? Ne faisons-nous pas tous partie d'une Cour, même s'il ne s'agit que de celle de notre cave ? Comment survivre en son sein ? Comment lui échapper ?
Les personnages tentent de répondre à ces questions, parfois bien malgré eux. Qu'ils fassent partie de la Cour, souhaitent l'intégrer ou au contraire la détruire, chacun d'entre eux utilise tous les moyens à sa disposition pour parvenir à son but. Même si cela inclut de se mettre à dos tous ses amis, de faire croire qu'on est riche ou de boire de l'eau de pluie.
Chaque nouvelle exploite un univers particulièrement riche, que ce soit d'un point de vue historique, esthétique ou technologique. La plupart des lecteurs peuvent se retrouver dans l'un d'eux grâce à la multitude de pays et d'époques explorés. D'ailleurs, l'auteur sélectionné devrait écrire un roman sur ce même univers.
Certaines nouvelles se démarquent fortement des autres grâce au style de l'auteur qui affirme son originalité et utilise la psychologie de ses personnages pour proposer un langage étonnant, parfois familier, parfois poétique.
On peut seulement regretter que toutes les nouvelles ne comportent pas de véritable chute.

Sachez que l'auteur qui a obtenu le plus de voix est Philippe-Aurèle Le Roux pour "Atrium Miracula" et l'illustratrice est Héloïse Goude pour "Les enfants du rêve", bravo à eux ! On attend désormais le roman complet !

Site Mille Saisons
Extrait :

« Lorsqu'à l'apogée d'un geste passablement raté, je me découvre, il glisse son arme sous ma garde et rencontre ma main droite. Ça aurait pu me tuer, la décharge me parcourt l'intérieur comme une langue de feu démente et je sens mes organes internes qui se dessèchent, mon cœur qui fibrille, mes intestins qui fermentent. En place de mon poignet, il devrait se trouver une plaie béante, éructant du sang comme un geyser.
Mais non ! Rien !
L'autre con n'en revient pas.
“Eh bien, quoi ? Ne sommes-nous pas dans la Cour des Miracles ?” »
in « L'arénaire du Décalion » d'Elie Darco
Citation in « Pas de bagatelle pour les gueux ! » de Gabriel Féraud
Le mot de la fin :

Cette anthologie donne à voir tellement de mondes différents et de personnages étonnants qu'il me semble impossible de ne pas apprécier la qualité du travail effectué par les auteurs.

dimanche 14 février 2016

Le Paris des Merveilles : Les Enchantements d'Ambremer ~ Pierre Pevel

« La magie s’étudie mais ne s’apprend pas. »




Résumé de la quatrième de couverture :

Les messieurs ont de fières moustaches, des chapeaux melons ; les dames portent des corsets, des jupons, des bottines à boutons. Déjà, de rutilants tacots pétaradent parmi les fiacres le long des Grands Boulevards aux immeubles haussmanniens. Mais ce n'est pas le Paris de la Belle Epoque tel que nous l'entendons : la tour Eiffel est en bois blanc, les sirènes ont investi la Seine, les farfadets, le bois de Vincennes, des chats-ailés discutent philosophie et une ligne de métro permet de rejoindre le pays des fées.

Occupé à enquêter sur un trafic d'objets enchantés, Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage du Cercle Cyan, se retrouve mêlé à une série de meurtres. Confronté à des gargouilles immortelles et à un puissant sorcier, Griffont n'a d'autre choix que de s'associer à Isabel de Saint-Gil, une fée renégate que le mage ne connait que trop bien...
Beaucoup de gens s'attachent à la couverture et il faut avouer que pour ce livre on ne voit presque que ça. Puis, on regarde quand même la quatrième de couverture, histoire de conforter sa première impression. Grâce à ces nouvelles informations, on prend le livre, on l'achète ou on l'emprunte et on va se poser dans un coin tranquille pour plonger dans des aventures merveilleuses.

Bienvenue à Paris, 1909. Griffont, un mage à la vie plutôt tranquille, est entraîné malgré lui au cœur d'une enquête sur des disparitions, des meurtres, bref des histoires un peu louches. En même temps, tout semble un peu louche quand vous commencez ce livre avec un gnome au franc-parler et qu'en poursuivant vous vous apercevez que Griffont se confie à un arbre. Toujours est-il que vous n'avez pas votre mot à dire, vous prenez le coche et vous suivez ce gentil monde. Et quel monde ! Un univers fascinant s'offre à vous, déjà bien détaillé dans le résumé, mais lire les descriptions des Cercles, des salons ou de la bibliothèque d'Ambremer vous fera regretter de ne pas avoir les talents de Mary Poppins pour entrer dans les œuvres. Réalité et fiction sont habilement mêlées, donnant des repères au lecteur tout en lui réapprenant l'histoire. Vous ne manquerez donc pas de réajuster vos connaissances en déplaçant, entre autres, Rabelais et Gutenberg dans la catégorie des mages. La vie anime chaque page, chaque lieu, et vous finissez par y croire à ces chats-ailés. Paris semble merveilleuse sous ses nouvelles couleurs et la lumière féérique qui la baigne.
Pas mal de personnages entrent en scène. Griffont et Isabel se trouvent au-devant de la scène mais nul doute que les deux prochains tomes affirmeront le rôle de certains qui nous semblaient plus secondaires. Le Petit Maître des Rêves a certainement beaucoup à apporter à cet univers incroyable et à l'intrigue. Azincourt est bien secondaire mais il fait son effet. La relation entre Griffont et Isabel est assez évidente à deviner mais la subtilité de ce duo les rend crédibles sans être clichés.
Question écriture, on a parfois l'impression que le narrateur est un parent éloigné d'Adèle Blanc-Sec, tant son langage est direct. Il instaure un dialogue avec le lecteur en s'adressant plusieurs fois à lui et cela renforce l'intérêt pour l'action. Cette dernière demeure d'ailleurs un point fort de ce premier tome. Une quasi-absence de temps morts et une tension palpable tout au long des chapitres captent l'attention avec efficacité et ne la relâchent pas avant la dernière ligne. En parlant de la fin, elle propose une ouverture car, bien sûr, le héros ne bat pas les vilains dès le premier tome. Cependant, il est très facile de se contenter uniquement de cette aventure si on n'a pas été totalement convaincu par l'univers proposé.
Une petite aventure de Griffont et Isabel est donnée à lire à la fin du roman, intitulée Magicis in mobile. Elle se déroule un an après et présente une crue incroyable de la Seine avec l'apparition d'un étrange vaisseau coincé au milieu de Paris. Griffont ne tarde pas à résoudre l'énigme qui inclut une technologie absolument incroyable. Par ailleurs, les amateurs d'un écrivain aux célèbres voyages apprécieront le clin d'œil.
Extrait :

« Que dire de l'entretien que l'antiquaire accorda à Griffont, sinon qu'il se déroula au mieux ? Le magicien joua parfaitement son rôle : à mots couverts, il prétendit être fortuné et désirer acquérir des objets de l'OutreMonde, ou qui auraient appartenu à des magiciens, voire qui conserveraient certaines « vertus » extraordinaires. Alandrin comprit très bien. S'il ne promit pas grand-chose, il laissa entendre que rien n'était impossible et accepta de garder la carte de son visiteur. C'était très bon signe.
Laissons donc Griffont à ses intrigues, convenons de le retrouver plus tard, et intéressons-nous plutôt à la belle inconnue qui l'émut tant. Sans doute avez-vous deviné de qui il s'agit. »
Le mot de la fin :

Ce premier tome promet une trilogie haute en couleurs et en rebondissements. La fantasy est exploitée de façon originale et astucieuse.