Citation

"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

vendredi 30 décembre 2016

Autobiographie des objets ~ François Bon

« Les mots et les rêves sont supérieurs aux gestes et aux actes. »


Résumé de la quatrième de couverture :

Aux deux extrémités du marais poitevin, deux mondes : l’un qui serait celui de la terre et des livres, l’autre celui de la mer et de la mécanique. Ma vie s’est construite autour des objets qui peuplaient ces mondes.

vendredi 23 décembre 2016

Les Haut-Conteurs : La Voix des Rois ~ Oliver Peru et Patrick McSpare

« Avec de l’encre et du sang, c’est ainsi que l’on conçoit les meilleurs histoires. »

Résumé de la quatrième de couverture :

1190, Tewkesbury, royaume d’Angleterre. À treize ans, Roland ne rêve que de voyages, de chevalerie et d’aventures. Seulement ses parents ont besoin de lui pour tenir l’auberge familiale. Il ne connait le monde que par les gens de passage, et son meilleur ami, l’ennui, semble bien décidé à lui gâcher l’existence.
La venue d’un Haut-Conteur au village va tout changer. Le prestigieux chasseur d’histoires et d’énigmes enquête sur les mystères de la forêt de Dean et sur les goules qui s’y cachent. Il ne craint pas les croque-cadavres et s’enfonce seul dans les ténèbres, nuit après nuit… mais un matin, il ne revient pas.
L’histoire a-t-elle mangé celui qui aurait dû la raconter ? C’est ce que va tâcher de découvrir Roland… et peut-être deviendra-t-il lui-même Haut-Conteur ?

mercredi 21 décembre 2016

Trois albums pour Noël

L’enfance de beaucoup est marquée par les livres de Noël, contes, albums, qui perpétuent cette magie, même après qu’on soit devenus des adultes. Voici trois livres qui m’ont marquée !


Le Noël de Fenouil, de Brigitte Weninger et Ève Tharlet, éditions Nord-Sud, 28 pages

Résumé :

Fenouil, un petit lapin, a décidé d’aider les animaux. Son père lui a toujours appris à partager. Quand Fenouil se rend compte qu’il neige très fort, il choisit de partager la nourriture que sa famille garde avec tous les animaux de la forêt. Mais problème, la famille lapin n’a plus rien à manger maintenant.


Cet album rappelle que Noël est une fête de partage, qu’il est très agréable de recevoir mais encore plus de donner. Noël ne se limite pas à être une fête de famille, les voisins et les amis sont aussi importants. Fenouil ne veut oublier personne, tous les animaux reçoivent leur part.
Les dessins sont très beaux et empreints d’une grande douceur.


Le cadeau du Père Noël, de Dorothea Lachner et Maja Dusikova, traduit par Janine Villain, éditions Nord-Sud, 28 pages

Résumé :

Le village de Valentin et Noémie est enfoui sous la neige. Tout le monde est bloqué chez soi, le médecin, l’épicier, le facteur, le berger. Ils en ont des choses à faire, mais ne peuvent pas. Les enfants se demandent comment le Père Noël fera pour leur rendre visite. Ce dernier a entendu leurs interrogations et estime qu’il est temps de passer. Mais cette année, il a décidé de ne pas offrir de jouet. Que renferme l’immense paquet déposé dans la nuit au milieu du village ?


Cet album met en lumière la fête de Noël en invitant tout le monde à se rassembler. L’important n’est pas d’avoir de beaux cadeaux mais de passer un bon moment ensemble, autour d’un repas. Il est parfois bon d’oublier le superflu pour se concentrer sur l’essentiel, à savoir les gens avec qui nous vivons ou qui partagent notre quotidien.


Martine, la nuit de Noël, de Gilbert Delahaye et Marcel Marlier, Casterman, 22 pages

Résumé :

Martine aimerait patiner comme sa mère. Mais elle ne retrouve pas ses patins. Un jour, son ami François vient le chercher, Patapouf est tombé dans l’étang. Les enfants courent à son secours et le remontent. Mais le petit chien est gelé. En cherchant de l’aide, les enfants arrivent dans une drôle de ferme pleine de jouets. Qui donc peut habiter ici ?


Voici une histoire bien mignonne qui fait sourire et réchauffe au cœur de l’hiver. Le Père Noël n’habite pas si loin que ça !

Alors, voulez-vous tourner ?

samedi 17 décembre 2016

La Vampire ~ Paul Féval

« Seulement, ces admirables cheveux blonds, si vaporeux et si brillants, n’existaient que dans l’imagination d’Angèle. »

Résumé de la quatrième de couverture :

Février 1804.
Dans les rues de Paris, la rumeur grandit. Une vampire aurait pris ses quartiers en bord de Seine et serait déjà responsable de la disparition d’une centaine de jeunes gens fortunés.
C’est que cette vampire-là semble autant intéressée par l’or que par le sang.
Et Paris s’interroge : est-ce là le fait d’une organisation secrète ou d’une véritable goule ?
Loin de toute cette agitation, René et Angèle s’aiment et s’apprêtent à se marier. Mais la jeune fille se sent de jour en jour plus délaissée. Son amant en préférerait-il une autre ?
Sans doute pas. Pourtant, quand on est le neveu du plus redoutable opposant de Napoléon, il faut se méfier des belles dames aux cheveux de jais…

vendredi 2 décembre 2016

Mission spéciale Némésis ~ Paolo Cossi, J.B. Djian et Jan Varoujan

« Puis, j’ai vu comment ils ont fracassé la tête de mon frère avec une hache. »

Résumé de la quatrième de couverture :

Un certain jour de mars 1921, un jeune homme surgit dans la Hardenbergstrasse, à Berlin, et cherche visiblement à rattraper un résident de son quartier qui déambule devant lui. Arrivé à portée de son objectif, il l’abat d’une seule balle en pleine tête. Au cours de son procès, ce jeune homme, qui répond au nom de Soghomon Tehlirian, reconnaîtra son meurtre, tout en niant être un assassin. La victime : Talaat Pacha, l’ordonnateur du massacre de ses parents et du peuple arménien.

Il reste que les archives de l’Institut Zoryan et celles du parti FRA-Tachnagtsoutioun vont révéler la vraie histoire de cette mission spéciale (Hadoug Kordz en arménien) qui aura pour nom de code Némésis (déesse de la juste colère).

samedi 26 novembre 2016

De la littérature ~ Umberto Eco

« Le premier devoir de l’homme de culture est celui de se tenir en alerte pour réécrire chaque jour l’encyclopédie. »

Résumé de la quatrième de couverture :

« Nerval, Joyce, Borges, Wilde, Leopardi, Flaubert, Proust, Manzoni et les autres… Quand Eco fait sa littérature, quand il nous livre ses émois d’adolescent, ses curiosités de sémioticien, ses angoisses d’écrivain face à l’influence des maîtres, ses admirations d’aficionado – bref, son panorama littéraire –, on jubile devant tant d’intelligence du texte et d’amour des mots.
Et quand, au dernier chapitre, il nous raconte ses premières armes de poète et romancier en herbe, révèle ses superstitions d’auteur, ses attentes ou ses craintes, on a le sentiment de pénétrer dans le jardin secret qu’il avait souvent évoqué sans jamais vraiment nous le dévoiler. Un régal ! »

M.B.

vendredi 18 novembre 2016

Miss Peregrine et les enfants particuliers ~ Ransom Riggs

« Ils habitaient tous ensemble dans une immense bâtisse, sur laquelle veillait un vieil oiseau très sage »

Résumé de la quatrième de couverture :

Une histoire merveilleusement étrange, émouvante et palpitante. Un roman fantastique qui fait réfléchir sur le nazisme, la persécution des juifs, l’enfermement et l’immortalité.

mardi 8 novembre 2016

Chronique du tueur de roi : La Peur du Sage, parties 1 et 2 ~ Patrick Rothfuss

« Vouloir enseigner la science des noms, c’est comme vouloir enseigner à tomber amoureux. »


Résumé de la quatrième de couverture de la première partie :

Le jour se lève sur l’auberge de la Pierre levée et l’homme reprend son récit, fidèle à sa promesse.
Suivez ses pas sur la voie qui mène à l’héroïsme et à la déchéance.
Découvrez la vérité qui a créé la légende.
Résumé de la quatrième de couverture de la seconde partie :

Dès l’enfance, Kvothe a connu un destin d’exception. Mais même aux heures les plus sombres, jamais il n’a cessé de chercher les réponses. De se révéler au monde à travers le chant de la magie. Aujourd’hui, il est à l’orée du chemin terrible et fabuleux qui fera de lui un héros…
Quel est le prix à payer lorsqu’on devient une légende de son vivant ?

vendredi 4 novembre 2016

L'autobiographie non autorisée ~ Lemony Snicket

« Pourquoi diable Mr Poe n’est-il pas d’un plus grand secours ? »


Le résumé donné est un bout de la nécrologie de Lemony Snicket et cela donne très envie.
C’est l’ouvrage indispensable pour les fans de la série des orphelins Baudelaire. L’auteur Daniel Handler se fait connaître dans l’introduction et devient en quelque sorte un personnage.
Au début, on s’embrouille un peu entre les différentes personnes qui accèdent aux documents de l’autobiographie. Puis le sommaire nous indique que toutes les questions que nous nous posons sur l’auteur resteront sûrement sans réponse, car Lemony change tout pour poser des questions qui, à première vue, paraissent sans importance. Pourtant, il y a beaucoup de révélations dans ce livre, principalement sur VDC et sur des personnages qu’on pensait sans intérêt, comme la sœur de monsieur Poe.
Lemony Snicket joue avec l’objet livre, mêle les images au texte, annote à la main dans les marges, ce qui rend la lecture très agréable et parfois même interactive. Les lecteurs sont inclus dans l’enquête, et entrent dans VDC, comprennent ses secrets. La jaquette réversible est particulièrement amusante.
Il reste malheureusement pas mal d’interrogations à la fin de cette lecture, on récupère peu d’informations sur ce qui est arrivé aux orphelins. Ce livre constitue davantage un complément à la série, avec des informations sur l’univers et sur le fond, plus que sur les intrigues et sur les événements particuliers. C’est assez dommage, on reste un peu sur notre faim.
Extrait :

« Nous apprenons ce jour, de source anonyme et de fiabilité douteuse, le décès de Lemony Snicket, auteur des Désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire, chronique supposément authentique des heurs et malheurs des trois enfants Baudelaire. Son âge est donné comme “grand, brun, yeux marron”. Il ne laisse aucun descendant connu. »
Le mot de la fin :

Un bon livre qui complète la série des orphelins, et qui nous permet de nous insérer encore plus dans l’univers de l’auteur qui est en fait le narrateur qui est en fait l’auteur !

Alors, voulez-vous tourner ?

jeudi 27 octobre 2016

Le Donjon de Naheulbeuk, intégrale 1 ~ John Lang et Marion Poinsot

« Tu … tu n’as donc pas de cœur ?!
C’est toujours mieux que de pas avoir de cervelle !
»

Résumé du tome 1, première saison, partie 1 :

Bon, alors, vous en avez marre des trucs sérieux? Des héros héroïques? Des compagnies propres sur elles? Alors voici l'histoire d'un groupe d'aventuriers pas comme les autres...
Entrez avec eux dans le Donjon de Naheulbeuk à la recherche de la dernière statuette de Gladeulfeurha qui permettra l'accomplissement de la Prophétie !

vendredi 21 octobre 2016

Contes, diableries et autres merveilles du Moyen-Âge ~ Claude et Corinne Lecouteux

« Il m’est arrivé quelque chose de stupéfiant avec cet étrange enfant des flocons : alors que nous franchissions une montagne ensoleillée, il fondit dans mes bras ! »

Résumé de la quatrième de couverture :

Crâne doué de parole, lion bienveillant, pape diabolique, nain magicien, pucelle venimeuse…, au Moyen-Âge, trouvères et troubadours disposent d’un vaste répertoire de figures surnaturelles issues de la tradition orale.
Des contes d’animaux aux légendes héroïques, de l’apologue sur l’amour et le mariage à la fable de sagesse, les récits adaptés et transcrits par les poètes et romanciers nous sont ici présentés dans leur riche diversité, et nous permettent de mieux saisir les mentalités d’autrefois.
Avec une immense érudition et pour notre plaisir, les deux maîtres d’œuvre, Claude et Corinne Lecouteux, font ainsi revivre à travers ces merveilles et diableries l’univers médiéval et son fabuleux imaginaire.

samedi 15 octobre 2016

Possédées ~ Frédéric Gros

« Les vérités avec lesquelles nous gouvernons, monsieur, ne se tiennent pas dans l’intimité muette des consciences. Ce sont des spectacles. »

Résumé de la quatrième de couverture :

En 1632, dans la petite ville de Loudun, mère Jeanne des Anges, supérieure du couvent des Ursulines, est brusquement saisie de convulsions et d’hallucinations. Elle est bientôt suivie par d’autres sœurs et les autorités de l’Église les déclarent « possédées ». Contraints par l’exorcisme, les démons logeant dans leurs corps désignent bientôt leur maître : Urbain Grandier, le curé de la ville.
L’affaire des possédées de Loudun, brassant les énergies du désir et les calculs politiques, les intrigues religieuses et les complots judiciaires, a inspiré cinéastes et essayistes. Frédéric Gros en fait le roman d’un homme : Urbain Grandier, brillant serviteur de l’Église, humaniste rebelle, amoureux des femmes, figure expiatoire toute trouvée de la Contre-Réforme. Récit d’une possession collective, le texte étonne par sa modernité, tant les fanatismes d’hier ressemblent à ceux d’aujourd’hui.

mardi 11 octobre 2016

Le Paris des Merveilles : L'Élixir d'Oubli ~ Pierre Pevel

« Well, une fameuse soirée, n’est-ce pas ? conclut Azincourt. »

Résumé de la quatrième de couverture :

Dans un Paris de la Belle Époque où se côtoient gnomes, dryades, chats-ailés et arbres enchantés, Louis Denizart Hippolyte Griffont, membre reconnu d’un club de gentlemen magiciens, est sur une nouvelle affaire de meurtre. La victime est un antiquaire apparemment sans histoires, mais l’enquête du mage le conduit à un nom que beaucoup redoutent : Giacomo Nero. Cet ambitieux mage noir pourrait bien être mêlé à une intrigue trouvant ses origines à l’époque de la Régence. En ce temps-là, Griffont était le chevalier de Castelgriffe. Érudit désinvolte et mage libertin, il s’apprêtait à affronter une société secrète et, ce faisant, collaborait pour la première fois avec une certaine baronne de Saint-Gil. Cependant, révéler aujourd’hui les secrets du siècle passé pourrait bien éveiller un conflit s’étendant jusqu’à l’OutreMonde…

vendredi 30 septembre 2016

L'Homme qui rit ~ Victor Hugo

« Bucca fissa usque ad aures […] masca eris, et ridebis semper. »

Résumé :

À la fin du XVIIe siècle, un jeune garçon abandonné par des marchands d’enfants croise le chemin d’un bébé, d’un philosophe ambulant et d’un loup. Affreusement mutilé, il devient saltimbanque et attire les foules. Mais son destin n’avait pas été écrit de la sorte. Rattrapé par son passé, il va devoir faire un choix entre sa vie présente et une autre qui peut sembler bien plus plaisante. Mais ne serait-ce pas une mascarade ?
Explication de la quatrième de couverture :

Lorsqu’il publie le livre en 1869, Hugo le présente comme le roman de l’aristocratie, premier volume d’une trilogie consacrée à une Histoire de la Révolution que Quatre-vingt-treize achèverait. Et ce livre sombre dénonce bien en effet le despotisme de l’aristocratie. Mais si L’homme qui rit est une méditation historique et métaphysique, c’est aussi une œuvre foisonnante et baroque, une manière de drame qui réclame un « lecteur pensif », puisque Hugo nous donne à réfléchir sur la misère et sur le peuple, sur l’amour et sur le désir, aussi bien que sur le Mal.

mardi 13 septembre 2016

Les Psaumes d'Isaak : Cantique ~ Ken Scholes

« Je transformerai ma souffrance en armée »

Résumé de la quatrième de couverture :

Les Terres Nommées pansent leurs plaies et s’apprêtent à fêter un grand événement : la naissance du premier-né du général Rudolfo, désormais chargé du pouvoir de l’ordre ancien anéanti neuf mois plus tôt. De nombreux nobles se pressent au cœur des Neuf Forêts pour l’occasion.
Alors que la fête bat son plein, les portes s’ouvrent à la volée et des assassins invisibles passent à l’attaque, massacrant tous les invités.
Au même moment, un étrange personnage apparaît aux portes de la Muraille du Gardien qui protège les Terres Nommées. Il est porteur d’un message à l’attention de Pétronus, le pape caché.
Les révélations sur les « hommes de métal » et l’histoire de l’Ancien Monde ne font que commencer…

vendredi 9 septembre 2016

The Dada de Vinci Code ~ Gordon Zola

« Nous resterons de l’autre côté de la tenture, usant de nos mauvais esprits d’auteur et de lecteurs réunis pour essayer d’imaginer le pire »

Résumé de la quatrième de couverture :

Depuis plusieurs jours, la police française reçoit des messages inquiétants d’un certain « horloger ». Celui-ci veut remettre les pendules à l’heure, en assassinant Daniel Brun, romancier à succès qui vient de commettre un best-seller au sujet sulfureux… Le commissaire Guillaume Suitaume, policier d’élite est chargé de la garde rapprochée de l’auteur.
Cette protection va ouvrir la boîte de Pandore et révéler un terrible et croustillant secret ! Entre un chasseur de trésor pendu à un créneau du château de Gisors, un peintre spécialisé en Léonard de Vinci, une bibliothécaire retrouvée dans une tombe de Rennes-Le-Château, un ectoplasme noctambule qui chante des airs d’opéra et un corps sans pantalon abandonné dans une forêt de la Meuse, un étonnant complot prend corps !
Véritable enquête au sein des énigmes ésotériques de notre histoire et du monde corrosif des salons littéraires, « THE DADA DE VINCI CODE » est un thriller impitoyablement drôle qui montre qu’à force de vouloir prouver tout et son contraire… on peut parfaitement y arriver !

samedi 3 septembre 2016

L'Homme illustré ~ Ray Bradbury

« Mars est deux fois plus âgé que la Terre et a donc deux fois plus de samedis soirs, de débits de boisson et de femmes que l’on reluque, nues comme des otaries. »

Résumé de la quatrième de couverture :

Ce n’est pas un homme comme les autres : son corps est recouvert de tatouages, une vingtaine d’images fabuleuses qui racontent autant d’histoires. Et cet homme n’a qu’une envie, se venger de la femme qui l’a affublé de cet étrange signe particulier. Une terrible malédiction qui attend une ultime victime… puisqu’il reste une place vacante dans le dos de l’homme illustré. Vingt récits liés, à fleur de peau, qui n’ont pas fini de nous surprendre.
Le prologue invite le lecteur à entrer d'emblée dans le vif du sujet. L'homme illustré est entièrement tatoué, sauf une petite partie de son dos qui montre la mort de celui qui y regarde. Le narrateur s'endort près de cet homme étrange et constate que tous les tatouages vivent et racontent des histoires. Ce sont elles qui nous sont présentées.
S'en suivent 18 nouvelles, toutes de science-fiction. Elles nous emmènent sur Mars, sur Vénus ou à bord d'un vaisseau spatial. On y rencontre des hommes cherchant à survivre dans une nature hostile, d'autres tentant de convertir des martiens au christianisme, d'autres encore achetant un automate pour les remplacer lors de sorties nocturnes. On croise une femme faisant tout pour oublier que son mari risque sa vie dans l'espace, un homme voulant offrir le voyage de leurs rêves à ses enfants, une ville au désir de vengeance inouï. Au détour d’une page, c’est Edgar Allan Poe et tous les grands auteurs de ce monde qui accueillent le lecteur pour lui expliquer qu’ils ont été bannis de la littérature. Toutes ces nouvelles invitent à réfléchir sur notre condition actuelle, notre désir de conquête et sur les conséquences désastreuses qui pourraient survenir. Tous les personnages nous présentent l'altérité, celle qui nous interroge nécessairement. Qu'aurions-nous fait à leur place ? Et moi, serai-je devenue folle en écoutant la pluie tomber ? Aurai-je offert à mes enfants une chambre qui reproduit leurs moindres désirs ? Qu'aurai-je dit à mes proches si j'avais su que nous passions la dernière nuit avant la fin du monde ?
Le format est court mais cela n'empêche pas l'auteur de développer la personnalité et la psychologie de ses personnages. On peut suivre leurs raisonnements, essayer de comprendre leur vision de la vie, même si on ne l'approuve pas. On se trouve souvent face à des dialogues qui au début semblent sans queue ni tête. Cependant, au fur et à mesure, les événements se précisent et prennent tout leur sens. Certaines nouvelles nous délivrent de belles descriptions des paysages, que ce soit sur Mars ou dans l'infinité du ciel.
La technologie, la guerre, l'orgueil, la solitude, la religion, autant de thèmes traités par l'auteur avec originalité et précision.
Pour finir, l'épilogue. Nous avons enfin la réponse à notre question : qu'est-ce que le narrateur va voir dans l'emplacement vide sur le dos de l'homme illustré ? C'est à la fois une évidence et une surprise. Avec Bradbury, on n'est jamais prêt pour la fin. Elle arrive pourtant, brutale et satisfaisante. Il n'y a pas de meilleure fin pour cet ouvrage.
Extrait :

« - Comment ça va, à New-York ? demanda Saul.
-Comme ça, dit Leonard Mark. Et il regarda Saul.
New-York s’éleva dans le désert, en pierre, parcouru par les vents d’avril. Des éclairages au néon éclatèrent de toutes parts. Des taxis jeunes glissèrent dans la nuit. Des ponts se dressèrent, des remorqueurs mugirent le long des quais obscurs. Le rideau se leva dans des music-halls étincelants.
Saul porta brusquement les mains à sa tête.
-Ah ! Hé là ! s’écria-t-il. Qu’est-ce qu’il m’arrive ? Qu’est-ce qu’il se passe ? Je deviens fou ! »
In « Le visiteur »

Citation de début in « Les boules de feu »
Le mot de la fin :

Un recueil à la hauteur de la renommée de l'auteur, des nouvelles extraordinaires pour des aventures toujours plus humaines !
Alors, voulez-vous tourner ?

mardi 23 août 2016

Le Petit Prince ~ Antoine de Saint-Exupéry

« Je crois qu’il profita, pour son évasion, d’une migration d’oiseaux sauvages. »

Mon résumé :

Le narrateur, aviateur, nous raconte sa rencontre dans le désert avec un garçon aux cheveux dorés. Celui-ci lui explique pourquoi il est descendu sur Terre et quels astéroïdes il a visité avant, de celle d’un roi à celle d’un géographe. Entre la douceur d’un enfant et l’expérience d’un adulte, un voyage extraordinaire dans le cœur des hommes.
Ce classique m’a beaucoup plu. Je connaissais déjà l’intrigue mais pas mal de détails ne sont pas évoqués et notamment les différentes rencontres du petit prince.
La première chose remarquable dans ce livre est le style de l’auteur, très poétique et en même temps très accessible. Il s’adresse à des enfants, de façon directe, en utilisant leur langage et il se met à leur hauteur. Les aquarelles de l’auteur confirment cette volonté. Tout est très coloré, les dessins sont doux, agréables, à la fois très simples et très percutants.
L’histoire porte un réel message et surtout de l’espoir. L’enfant que nous étions est toujours présent en nous, telle une étoile au-dessus du désert.
Dialogues et passages narratifs s’équilibrent très bien, le rythme est maîtrisé. C’est très court, d’autant qu’il y a des illustrations, mais on ne reste pas sur sa faim. En effet, de même que le petit prince, nous faisons un tour de la galaxie bien complet et aucune question ne reste en suspens.
Ces voyages si beaux résonnent autant pour des adultes car ils rencontrent des personnages qu’ils connaissent bien, comme le businessman. Cette histoire peut toucher n’importe qui, c’est ce qui fait sa force et sa splendeur.
Extrait :

« La cinquième planète était très curieuse. C’était la plus petite de toutes. Il y avait là juste assez de place pour loger un réverbère et un allumeur de réverbères. Le petit prince ne parvenait pas à s’expliquer à quoi pouvaient servir, quelque part dans le ciel, sur une planète sans maison, ni population, un réverbère et un allumeur de réverbères. Cependant il se dit en lui-même :
— Peut-être bien que cet homme est absurde. »
Le mot de la fin :

Une histoire universelle, toute en couleur et en poésie.

lundi 25 juillet 2016

Les Mémoires de Zeus ~ Maurice Druon

« Espérer, c’est concevoir au seuil de chaque nuit l’œuvre du jour suivant. »

Résumé de la quatrième de couverture :

Moi, Zeus, roi des dieux, dieu des rois, je vais vous conter mon histoire…
A ceux qui pensent que vivre pour un dieu est aisé, je dis : « Détrompez-vous. » Aux mortels qui croient que notre vie n’est que volupté et délices, je dis : « Apprenez de votre erreur. »
Ne confondez pas ce que vous voudriez être avec ce que nous sommes.
Ayant échappé de justesse à l'infanticide, à cause d'une prophétie, j'ai grandi seul, caché sur une île. Peu à peu, je suis devenu homme et guidé par ma grand-mère Gaïa, j'ai concocté un plan afin de renverser mon père, Cronos, maître de l'Olympe. Seul, j'ai appris la vie, l'amour, la mort et la colère. J'ai levé une armée, j'ai réveillé les géants, j'ai libéré mes frères et mes soeurs. J'ai accompli mon destin...
Vous qui avez oublié, il est temps que je vous rappelle ce que nous avons vécu, alors que l’homme n’était encore qu’un enfant.
Moi, Zeus, j’ai fait un long somme… Je suis à présent réveillé.
Le livre est divisé en deux grandes époques, divisées en plusieurs époques, qui sont elles-mêmes divisées en petites parties dont l’intitulé résume ce qui va suivre. Il y a une préface et une « adresse aux mortels ». Le récit commence lorsque l’univers n’était que Chaos et se termine à l’époque où Homère écrivait.
La préface et l’adresse aux mortels sont encourageantes, elles donnent envie au lecteur de poursuivre et focalisent son attention. Le style est fluide, le narrateur utilise des termes modernes et fait des comparaisons avec notre siècle. Les sections sont petites, ce qui rend la lecture très agréable, on peut s’arrêter presque n’importe où. En ce qui concerne la mythologie, c’est presque une encyclopédie.
Rédiger les mémoires d’un dieu est quelque chose d’original. Les mythes antiques sont respectés, tout n’est pas romancé. La chronologie est bien définie, il est impossible de perdre le fil de la narration. Le fait que ce soit Zeus qui raconte ajoute de la romance, de l’humour et une touche de poésie, ce n’est pas seulement un livre sur la mythologie. Il est le point de vue externe dont nous avons besoin pour nous critiquer, d’autant qu’il a une grande expérience et que finalement il ressemble à un homme dans son comportement. On ne se sent pas à distance de ce narrateur étonnant, il nous raconte des choses incroyables, mais comme s’il buvait un café en notre compagnie et c’est très agréable.
Le vocabulaire est riche, détaillé, propice à l’imagination. Quelques digressions du narrateur nous montrent un Zeus savant et curieux. Il se présente parfois philosophe et nous donne matière à réfléchir sur de nombreux sujets comme la religion, la société, le savoir-vivre … Les personnages sont très nombreux mais Zeus accorde à chacun d’eux une intention particulière à un moment de son récit. La relation qu'il entretient avec Mémoire est particulièrement intéressante.
Petit point négatif : il n’y a pas de sommaire. Quand on ne connait pas beaucoup la mythologie et qu’on veut retrouver un passage particulier, il faut se remémorer vers quelle époque cela se passe.
Extrait :

« Mortels mes fils, vous qui n’apparaissez que pour disparaître, vous que reprend inexorablement la force qui vous créa, vous, les condamnés dès votre premier cri, vous pour qui tout bonheur d’être, de projeter, d’agir, toute grâce d’aimer, sont constamment traversés par la hantise de l’instant où les mâchoires du Temps se refermeront sur vous, voilà qui nous rapproche et nous aide à nous comprendre. »
Le mot de la fin :

Un très bon livre, divertissant et instructif. Chaque phrase est un enseignement, tant sur la mythologie que sur la façon dont nous vivons aujourd’hui et que Zeus commente.

dimanche 17 juillet 2016

Comédie française. Ça a débuté comme ça… ~ Fabrice Luchini

« Je suis une femme du monde moi, je tapine à mes horaires, comme disait Céline. »

Résumé de la quatrième de couverture :

Il nous a fait redécouvrir La Fontaine, Rimbaud et Céline. Il incarne l’esprit et le panache de la langue française.
En prose, en vers et même en verlan, il a donné sa voix à d’immenses auteurs, auxquels il sait faire respirer l’air de notre temps – en racontant la fureur du Misanthrope à l’ère du téléphone portable, ou la sensualité de « La Laitière et le pot au lait » sur l’air d’une publicité pour Dim.
Il a quitté l’école à quatorze ans pour devenir apprenti coiffeur. Il est aujourd’hui l’un de nos plus grands comédiens, célébré pour ses lectures-spectacles, couronné par la Mostra de Venise pour son rôle dans son dernier film, L’Hermine.
Dans son autobiographie, Fabrice Luchini livre le récit d’une vie placée sous le signe de la littérature, à la recherche de la note parfaite.
Il ne s’agit pas d’une autobiographie à proprement parler. Divisé en chapitres, cet ouvrage offre à la fois des souvenirs d’enfance, des réflexions sur la culture, les médias, la littérature et l’évocation d’événements qui se déroulent au moment de l’écriture. Une police de caractère différente sépare ces instants du reste du chapitre. Ils s’apparentent à des pages de journal de bord avec date et lieu. Le ton, le vocabulaire, les expressions et les citations sentent le Luchini, ils sont faits de sa pâte. On peut souligner le fait que la photographie de couverture est bien choisie, car elle pose Luchini avec douceur et ça change de d’habitude.
Les passages plus littéraires reprennent quelques moments de son spectacle Poésie ?. Les citations sont parfois très longues, jusqu’à plusieurs pages, ce qui est dommage car cela réduit les propos de l’auteur. De façon générale, le livre donne l’impression d’avoir subi un remplissage avec ces citations, les nombreuses répétitions dans le style de Luchini et ces pages de journal qui ne comportent parfois que deux lignes. De même, à la fin, une très longue bibliographie s’étale sur une dizaine de pages, il s’agit de la liste des livres cités. Elle parait longue, mais en réalité certaines références reviennent plusieurs fois car la citation ne provient pas de la même page dans l’édition originale. C’est encore, à mon sens, une façon de remplir simplement pour atteindre le nombre de pages voulu.
Heureusement, tout n’est pas dans cette veine. Luchini évoque plusieurs souvenirs de sa vie de jeune adulte, ses premiers rôles, son métier de coiffeur, la manière dont il appréhende la ville. Certaines anecdotes sont désormais très connues, mais c’est toujours un plaisir de les retrouver. L’auteur nous invite également à plonger dans son univers littéraire, avec ses auteurs favoris, La Fontaine, Molière, Rimbaud, Nietzsche. Il ne fait pas d’explications de texte style baccalauréat, il livre simplement ses impressions, car c’est bien ce qui ressort de tout cela, ces auteurs se sont imprimés en lui et l’ont modelé.
Extrait :

« À la lueur de Flaubert, à mon petit niveau, j’ai compris assez rapidement ce cirque immense qu’étaient les médias. Je ne vais pas être plus malin que les autres, mais je ne vais pas les servir. Et j’arrive en leur disant de manière chrétienne, je parle au nom du père, au nom de mes écrivains. Je suis tellement sûr de mes écrivains – Céline, Flaubert, La Fontaine, Molière – que je suis inébranlable, incontestable. Je parle de gens plus grands que moi. Je transforme leur question à la confidence du petit ego. Et puis c’est original, minoritaire. Ça n’habite pas tant que ça, l’œuvre d’art. Très peu de gens vont mal au point d’écouter Wagner et de lire Spinoza le matin. Il doit y en avoir 3500 en France. Si tu lis Spinoza le matin, si tu te tapes un Wagner le soir : tu ne fais pas de jogging, tu ne regardes pas le foot, tu ne bouffes pas, tu ne baises pas et tu ne vas pas bien. »
Le mot de la fin :

Un ouvrage qui pourra intéresser les fans de Luchini et de littérature, mais qui ne convaincra pas ceux qui ne l’apprécient pas ou ne le connaissent pas.

samedi 9 juillet 2016

Le Sermon sur la chute de Rome ~ Jérôme Ferrari

« Depuis quand crois-tu que les hommes ont le pouvoir de bâtir des choses éternelles ? »

Résumé de la quatrième de couverture :

Dans un village corse perché loin de la côte, le bar local est en train de connaître une mutation profonde sous l’impulsion de ses nouveaux gérants. À la surprise générale, ces deux enfants du pays ont tourné le dos à de prometteuses études de philosophie sur le continent pour, fidèles aux enseignements de Leibniz, transformer un modeste débit de boissons en « meilleur des mondes possibles ». Mais c’est bientôt l’enfer en personne qui s’invite au comptoir, réactivant des blessures très anciennes ou conviant à d’irréversibles profanations des êtres assujettis à des rêves indigents de bonheur, et victimes, à leur insu, de la tragique propension de l’âme humaine à se corrompre.
Entrant, par-delà les siècles, en résonance avec le sermon par lequel saint Augustin tenta, à Hippone, de consoler ses fidèles de la fragilité des royaumes terrestres, Jérôme Ferrari jette, au fil d’une écriture somptueuse d’exigence, une lumière impitoyable sur la malédiction qui condamne les hommes à voir s’effondrer les mondes qu’ils édifient et à accomplir, ici-bas, leur part d’échec en refondant sans trêve, sur le sang ou les larmes, leurs impossibles mythologies.
L’auteur alterne entre deux intrigues, l’une se déroulant après la Première guerre mondiale et l’autre de nos jours, en Corse. La première suit Marcel, un homme qu’on voit grandir tout au long du roman. La seconde suit principalement Matthieu, petit-fils de Marcel, et Libero son meilleur ami. On ne comprend pas tout de suite que les deux histoires sont liées, ce qui garde une tension.
Le profil psychologique des personnages est savamment étudié. Le lecteur connait leurs pensées profondes et comprend leurs décisions, à la différence des autres personnages qui se questionnent. Cela crée une proximité immédiate et on se sent happé dans cette Corse si belle et authentique. Nos héros vivent des moments assez banals mais qui prennent une grande ampleur grâce à une immersion totale dans leur quotidien.
Matthieu et Marcel s’opposent et en même temps se battent pour garder ce qu’ils connaissent, leur monde avec son système, les relations entre les gens. Marcel vit pour ce qu’il a connu, sa famille décédée, le pays où il a vécu, la femme qu’il a aimée. Il ne parvient pas à comprendre son petit-fils, pas plus que ce dernier ne comprend son grand-père. Et ils se fuient.
Le bar tenu par Libero et Matthieu est un des lieux principaux et on ressent l’atmosphère comme si on était soi-même accoudé au comptoir. Les descriptions et les interactions des personnages lui confèrent une dimension incroyablement réaliste. C’est le genre d’ambiance qu’on n’apprécie pas toujours mais qui ne laisse en aucun cas indifférent.
L’auteur écrit avec souplesse et fluidité. Le vocabulaire est très riche sans être vraiment érudit, ce qui place ce roman à la portée de n’importe qui. Les phrases sont parfois très longues mais la ponctuation est bien présente, ce qui apporte du rythme et de nombreuses respirations. Cela donne l’impression de flotter à la surface d’une rivière plutôt calme. Il y a sept parties, la dernière étant plus une conclusion. Chaque partie est divisée en plusieurs chapitres (qui ne sont pas appelés comme tels) assez courts qui créent de petites unités de sens à l’intérieur du roman.
La fin n'est pas décevante, elle répond aux attentes qu'on peut avoir après une telle lecture.
Extrait :

« Libero avait d’abord cru qu’on venait de l’introduire dans le cœur battant du savoir, comme un initié qui a triomphé d’épreuves incompréhensibles au commun des mortels, et il ne pouvait pas s’avancer dans le grand hall de la Sorbonne sans se sentir empli de la fierté craintive qui signale la présence des dieux. Il emmenait avec lui sa mère illettrée, ses frères cultivateurs et bergers, tous ses ancêtres prisonniers de la nuit païenne de la Barbaggia qui tressaillaient de joie au fond de leurs tombeaux. »
Le mot de la fin :

Ce roman propose une véritable évasion au lecteur. Il demande une certaine concentration afin de prêter attention à chaque événement et de comprendre les liens qui unissent chaque partie.

samedi 2 juillet 2016

Fables ~ Ésope

« Cette fable montre qu’il n’y a rien de si parfait qui ne donne prise à la critique. »



325 fables sont présentées en version bilingue grec ancien et français. Une introduction rédigée par Émile Chambry donne des indications sur le contexte d’écriture, l’auteur Ésope ainsi que le genre de la fable.
C’est une vieille traduction qui date de 1967, tout est donc très littéral. L’accent est mis sur le sens et non sur la beauté du texte.
On parle souvent de La Fontaine, le grand fabuliste, mais la plupart de ses fables sont des reprises de celles d’Ésope avec quelques arrangements. À l’origine, les fables sont écrites dans un contexte social particulier, elles font parfois référence à des dieux grecs. Chacune comporte une morale sur un type de comportement à avoir en certaines circonstances, il s’agit vraiment de conseils pour le quotidien, ce ne sont pas de grandes idées sur la vertu.
Comme on n’a pas la certitude que toutes les fables aient été écrites ou au moins inventées par Ésope, Émile Chambry a fait le choix de ne sélectionner que les fables portant la mention « fable ésopique ».
Les textes sont courts, en prose, mêlant parfois dialogue et narration. Certaines morales nous semblent parfois justes, d’autres peuvent être déconcertantes, car elles ne font plus écho à ce que nous connaissons aujourd’hui, comme l’esclavage. Ces fables nous montrent que les Grecs avaient beaucoup d’humour et n’hésitaient pas à tourner en ridicule certains comportements. Mais surtout, elles mettent en avant des valeurs que notre société défend encore aujourd’hui et qui devraient nous parler à tous.
Extrait :

« Les loups et les chiens en guerre

Entre les loups et les chiens la haine se déchaina un jour. Les chiens élurent pour général un chien grec. Or celui-ci ne se pressait pas d’engager la bataille, malgré les violentes menaces des loups. “Savez-vous, leur dit-il, pourquoi je temporise ; c’est que toujours il convient de délibérer avant d’agir. Vous autres, vous êtes tous de même race et de même couleur ; mais nos soldats à nous ont des mœurs très variées et chacun a son pays dont il est fier. Même la couleur n’est pas uniforme et pareille pour tous : les uns sont noirs, les autres roux, d’autres blancs ou cendrés. Comment pourrais-je mener à la guerre des gens qui ne sont pas d’accord et qui sont dissemblables en tout ?”
Dans toutes les armées, c’est l’unité de volonté et de pensée qui assure la victoire sur les ennemis. »

Citation du début in « Zeus, Prométhée, Athéna et Momos »
Le mot de la fin :

Un recueil digne de ce nom qui donne un large aperçu de l’œuvre d’Esope et de sa capacité à cerner la nature humaine.

mercredi 29 juin 2016

Du plomb à la lumière ~ Prix Mille Saisons

« Mon voyage vers la lumière ne fait que commencer. »



Résumé de la quatrième de couverture :

Les miracles se produisent. Réalisez-les ! Vous en avez le pouvoir !

Mille Saisons la première collection interactive des littératures de l'Imaginaire, innove et devient la première anthologie à réalités augmentées. Nous vous proposons de choisir l'univers, l'auteur, l'illustrateur, et le compositeur musical de votre prochain roman.
Du plomb à la lumière est composé de vingt nouvelles, chacune illustrée par un élève de l'école Jean Trubert, associée à une composition musicale inédite et à un reportage cinématographique. À l'intérieur de ce recueil, vous trouverez un code vous permettant de voter pour le Prix Mille Saisons.
L'auteur, l'illustrateur et le compositeur se verront confier à l'issue de votre vote la conception du premier roman à réalités augmentées de la collection.
Auteurs, illustrateurs et compositeurs :

• Valentin Desloges – Le coup du collier (hors concours)
Illustration de Ronan Lescop
Composition de Francis Valery
• Vyl Vortex – Sous l’œil de Tornn
Illustration de Franck Pétard
Composition de Colin Cerveaux
• Guillaume Dalaudier – La clé céleste
Illustration de Camille Stramboli
Composition de Élise Droneaud
• Barnett Chevin – La pierre
Illustration de Céline Llorens
Composition de Vincent Sergent
• Karine Rennberg – Les feux de la rampe
Illustration de Khanh Vy Nguyen
Composition de Sarah Adnasse
• Stéphane Monnet – La mort n’est pas un spectacle
Illustration d’Anaïs Eustache
Composition d’Élissa Mleiel
• Maryline Guldin – Emmurés
Illustration de Benjamin Collet
Composition de Matias Zúñiga González
• Anthony Boulanger – Les hommes de Métal
Illustration d’Aurélien Marzin
Composition de Keiichi Sugiyama
• Emmanuelle Maia – Quelques grammes de plomb pour atteindre la lumière
Illustration de Pablo Cortes
Composition d’Eliott Gualdi
• Céline Ceron Gomez – Marché conclu !
Illustration de Wei-Hsuan Tsao
Composition de Michael Roux
• Kéti Touche – Notre-Dame de Baltimore
Illustration de Sebastiana Comis
Composition de Sandra Menier
• Ophélie Hervet – Ce qui nous lie
Illustration de Noémie Tricoche
Composition de Baptiste Lefort
• Johann Vigneron – La Foire
Illustration de Johan Le Brishoual
Composition de Santiago Dolan
• Philippe Deniel – Métal radieux
Illustration de Dinis Ferrao
Composition de Vincent Bousquet
• Marguerite Roussarie – Être vivant
Illustration d’Anaïs Eustache
Composition de Keiichi Sugiyama
• Élie Guillot – La bataille de Krak Girn
Illustration de Ronan Lescop
Composition de Nicolas Felix
• Romain Jolly – Un rêve de lumière
Illustration de Khanh Vy Nguyen
Composition d’Alexandre Dedola
• Marine Auriol – Et si l’Équinoxiale n’était qu’une mort de plus…
Illustration de Valérian Rambaud
Composition de Laurent Barnier
• Ghislain Morel – Deus ex Machina
Illustration de Wei-Hsuan Tsao
Composition de Thomas Tillard
• Arnaud Gabriel – Zhang Zhung, le mont Gang Ti Sé
Illustration de Romain Marty
Composition de Kalina Świątnicka
• Simon Boutreux – Betsy
Illustration de Valérian Rambaud
Composition d’Iliyan Marinov

Après le succès de La Cour des Miracles, Mille Saisons ne pouvait que réitérer son prix, en poussant le concept encore plus loin.
Cette année, la collection vous propose de voter non pas pour un, mais pour trois auteurs, trois illustrateurs et trois compositeurs. Oui, vous avez bien lu. Comme l'année dernière, les illustrations sont réalisées par les élèves de l'école Jean Trubert. La chose en plus, ce sont les compositions musicales originales. Au début de chaque nouvelle, vous trouverez un lien qui vous emmène directement vers elle et vers un reportage vidéo. Entrez dans la réalité augmentée !
À la fin du livre, vous trouverez une petite pastille à gratter qui vous dévoilera un code unique vous permettant de voter sur le site des éditions. En mars 2017, lors du Salon Livre-Paris, le nom de l'auteur gagnant sera annoncé. Il pourra alors écrire un roman complet sur l'univers de sa nouvelle. L'illustrateur élu en fera la couverture et le compositeur la bande originale. C'est vous, lecteurs, qui déterminez les prochaines publications. Le rêve !
L'objet réalisé est toujours aussi beau et bien pensé, puisqu'une page au début de chaque nouvelle est réservée aux dédicaces que vous pouvez avoir lors des nombreux salons et manifestations auxquels Le Grimoire participe. C'est un peu comme une chasse aux Pokémons, sauf que là, ce sont des artistes. Le graphisme est particulièrement soigné.
Le paquet a été mis sur l'aspect et la vocation de l'ouvrage, mais le contenu n'est pas en reste. Vingt et une nouvelles s'offrent à vous, lecteurs de l'imaginaire. Alchimie, vitraux, opéra en flammes, prêtres à moto, tendres robots ou cow-boys, chacun y trouve son compte ! Les qualités stylistiques et narratives sont indéniables. Les auteurs ont rivalisé d'ingéniosité pour proposer des histoires autour du thème « Du plomb à la lumière » sans tomber dans les clichés. Les univers développés sont grandioses et vous embarquent pour des aventures hors du commun. Les nouvelles sont suffisamment longues pour que vous ayez le temps de vous installer dans l'intrigue, et suffisamment courtes pour que la tension vous tienne tout du long. Les illustrations sont pour la plupart magnifiques et exploitent une vision intéressante de leur nouvelle. De même, les compositions se hissent à leur hauteur, avec jusqu'à 25 minutes de voyage aux confins de l'imaginaire.
Extrait :

« Il pare mon attaque en bloquant mon avant-bras et tente de me saisir. D’un moulinet du poignet, je me dégage et frappe à nouveau.
– Et le cœur ?
Il s’échappe, trébuche. Je poursuis, reviens à l’assaut :
– Le cœur, Gab ?
Il recule une nouvelle fois, reprend position et lance une frappe latérale. J’aperçois le rocher derrière lui et accentue la pression. Il se prend les pieds dedans et tombe à la renverse. Je suis sur lui avant qu’il se relève, mon couteau pressé contre sa gorge. Il se fige.
– Alors ?
– Un coup au cœur tue les démons ! »
In « Ce qui nous lie »

Citation in « Sous l’œil de Tornn »
Le mot de la fin :

Impossible de s'ennuyer, impossible de détester, tout est fait pour que le lecteur embarque, mais surtout conduise le navire !
Vous pouvez commander cette anthologie incroyable sur le site : Éditions Le Grimoire
Pour ceux qui se trouvent sur les réseaux sociaux, n'hésitez pas à suivre les auteurs, la plupart se trouvent sur facebook ! Certains ont également des blogs, de quoi suivre vos favoris dans leur périple littéraire !

Le prochain appel à textes a été dévoilé : Site Mille Saisons. Encore une belle anthologie en perspective !