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"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

lundi 30 novembre 2015

L'Insoumise ~ Martine Desèvre

« L’'animal était déjà aux pieds du cavalier, gueulant de plus belle, montrant ses crocs, prêt à mordre. »




Mon résumé :

Raphaëlle, orpheline, est recueillie par un vagabond qui s'avère être orfèvre et qui lui apprend toutes les ficelles du métier. En cette période florissante qu'est la Renaissance, François Ier favorise toutes les formes d'art. Mais elles sont réservées aux hommes et Raphaëlle est rapidement moquée et humiliée malgré son indéniable talent. Sa rencontre avec le chevalier de Valras va bouleverser sa vie, son amour pour lui grandir, mais avec lui la jalousie de Margaux, la femme de celui-ci. Son machiavélisme n'a d'égal que celui de son père. A tous ces problèmes s'ajoute celui de l'identité de Raphaëlle, qui ne connait pas son vrai père et cherche à le découvrir.
Ma première impression :

Le livre m'inspirait beaucoup, le côté historique surtout avec François Ier et l'orfèvrerie, un concept original. Le livre commence bien, avec de l'action, un cadre parfait pour des personnages hauts en couleur. Mais très vite des problèmes de structure surviennent.
Le cadre historique est bien maîtrisé, abondant en détails, anecdotes et références et c'est très agréable. Le lecteur sent qu'il est dirigé d'une main ferme, il est impossible de se perdre. Les références à l'art sont sympas. Le domaine de l'orfèvrerie n'est pas le plus connu, donc au début on se perd un peu dans le vocabulaire, mais c'est très intéressant.
Certains personnages sont stéréotypés, on a le triangle amoureux avec l'héroïne, le chevalier et sa femme et beaucoup d'événements sont évidents pour le lecteur. Il n'y a aucune surprise dans la lecture. Le lecteur sait d'où vient Raphaëlle, qui est impliqué dans la perte de ses parents et la seule tension provient du fait qu'on ne sait pas quand elle va découvrir la vérité et grâce à qui.
La fin est bâclée, j'ai vraiment eu l'impression que l'auteure ne savait pas comment se sortir de l'intrigue complexe qu'elle avait mise en place. Par conséquent, il se passe beaucoup de choses à la fin et la situation des personnages reste un peu incertaine. Je suis vraiment restée sur ma faim.
Pour ce qui est du style, certaines phrases sont bancales je trouve, on ne sait pas vraiment quel est le sujet. En plus de cela, il y a un problème de construction. Il n'y a pas de prologue et en deux sauts de ligne, neuf ans s'écoulent comme ça. Je trouve que c'est difficile à assimiler.
Extrait :

« A la fin du mois prochain aura lieu la Saint-Eloi d'été, la grande fête des orfèvres. Pour l'occasion, le roi offre des réjouissances et organise un concours. Beaucoup d'orfèvres y participent, et le gagnant reçoit une pension confortable durant deux années. Proposons, chacun, le fruit de notre travail, et je vous fais le serment, si c'est le vôtre qui est remarqué et nous aide à remporter le prix, de déclarer publiquement : « Ce poinçon est mien, mais l'oeuvre est de mademoiselle », et de vous présenter à Sa Majesté le roi. Acceptez-vous ? »
Le mot de la fin :

C'est un roman qui se lit vite, un divertissement sympathique pour les amateurs d'art et d'histoire mais il ne faut surtout pas se pencher réellement sur l'intrigue et les personnages qui sont plutôt fades.

mercredi 25 novembre 2015

Énigmes littéraires extraordinaires ~ Stéphanie Bouvet

« Quel est le point commun entre Londres, Virginie et l’ours polaire ? »




Résumé de la quatrième de couverture :

Mon premier est un jeu de l'esprit.
Mon deuxième est lié aux Belles-Lettres.
Mon troisième possède un caractère étonnant ou insolite.
Mon tout est un ouvrage ludique qui vous permettra de briller en société.

Que suis-je ?
Je suis le petit livre divertissant et érudit que vous tenez entre les mains !

La langue française regorge de moyens pour manipuler les mots : acrostiches, logogriphes, arithmorèmes et autres jeux aux noms barbares. Alors pourquoi se contenter d'énoncer un mot alors qu'il est tellement plus amusant de jongler avec ses lettres, ses sonorités et son sens pour le faire deviner ? Les plus grands auteurs français ne s'y sont d'ailleurs pas trompés. Depuis les poèmes de François Villon jusqu'aux lipogrammes de l'Oulipo, en passant par les charades de Victor Hugo et les lettres vicieuses de George Sand, retrouvez, avec ces 70 énigmes, un petit florilège du genre.
On m'a offert ce livre pour Noël il y a quelques années, je ne connaissais pas du tout et j'ai vraiment apprécié. La première moitié est constituée d'énigmes et la seconde des réponses.
Les énigmes ont été créées par des auteurs connus ou ont un lien avec la littérature. Elles sont assez ardues et demandent beaucoup de réflexion. Elles permettent de redécouvrir des auteurs et de comprendre que quelle que soit l'époque, quand il s'agit de s'amuser, même ceux qui nous paraissent les plus austères sont de la partie. Des pensées parfois très libérées courent tout au long des pages et peuvent parfois surprendre. Les énigmes sont parfois explicitées de notes, notamment lexicales, afin de donner à chacun sa chance de les résoudre.
Les textes sont illustrés de façon très étonnante et amusante. Les illustrations peuvent servir d'indices pour certains textes et offrent un nouvel angle de réflexion.
Extrait :

« Quelles sont les particularités de cette phrase ?
Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume. »
La réponse dans le livre ☺ !
Le mot de la fin :

Un livre vraiment sympathique et une bonne idée de cadeau. Idéal lorsqu'on s'ennuie dans les transports !

mardi 17 novembre 2015

La Musique du silence ~ Patrick Rothfuss

« Quand Auri se fut remise, la flamme jaune bondissante sembla rendre tout étrange et inquiet »




Résumé de la quatrième de couverture :

Rares sont ceux qui connaissent l'existence du Sous-Monde, une toile brisée d'anciennes galeries et de pièces laissées à l'abandon qui s'étend dans les profondeurs de l'Université. Protégée par ce labyrinthe sinueux, confortablement installée dans le cœur même de ces lieux désolés, vit une étrange jeune femme.
Le silence et les ténèbres semblent être ses seuls compagnons sur le chemin qu'elle se fraie dans cet univers souterrain. A moins qu'elle ne perçoive autre chose. Comme une complainte des oubliés, mêlant douceur et amertume à son existence...
Son nom est Auri.
Et sa vie est peuplée de mystères. 
Nous suivons Auri dans le Sous-Monde. C'est un univers vraiment fascinant qui s'offre à nous, à travers les yeux de la jeune fille. Auri ressent chaque objet comme s'il était animé, les portes sont parfois embarrassées, un bouton sous un tapis se sent à l'aise. Elle passe ses journées à déplacer des choses, afin que tout soit à sa place. Et surtout, elle l'attend. Qui ? Je vous laisse le découvrir.
J'ai vraiment eu l'impression d'entrer dans l'intimité de quelqu'un. En même temps, cet univers, par son décor, la description des objets, m'a un peu fait penser à Alice au pays des merveilles. Auri connaît le nom de tous les endroits par lesquels elle passe, et lorsqu'elle pénètre dans un nouveau lieu, son nom lui apparaît comme si la pièce la saluait et se présentait.
Tout le roman est dominé par un langage poétique très étrange. Il n'y a pas de dialogue, ce qui peut être déroutant, mais finalement c'est mieux comme ça. On ressent le silence des lieux et en même temps la vie qui l'imprègne. C'est écrit à la troisième personne mais avec un point de vue interne, ce qui se répercute sur l'écriture. Les phrases sont assez courtes, simples, ce sont vraiment les pensées d'Auri.
La fin m'a en quelque sorte déçue car je m'attendais à quelque chose de plus explicite. Mais elle fait davantage travailler notre imagination, ce qui est tout aussi agréable. C'est comme si le roman n'avait pas de fin en soi. Il nous décrit sept jours de la vie d'Auri, on sait qu'il y a un but à tout ce qu'elle entreprend mais on n'y a pas accès.
L'édition de Bragelonne est illustrée par Marc Simonetti et ce sont vraiment de beaux dessins, en noir et blanc, très détaillés, qui sont quand même vagues dans le sens où Auri n'est pas représentée, ce sont juste des éléments, si bien que le lecteur fait appel à son imagination, autant que s'il n'y avait pas d'illustrations.
La préface et la postface sont intéressantes car c'est l'auteur qui s'adresse à nous lecteurs et qui nous explique comment et pourquoi il a écrit ce roman. Il nous fait part de ses doutes et partage sa vision du personnage d'Auri. Comme il le dit lui-même au début, il vaut mieux avoir lu Le nom du vent et La peur du sage avant, parce qu'ils nous expliquent comment se comporte Auri lorsqu'elle n'est pas dans le Sous-Monde et sa relation avec Kvothe.
Extrait :

« Auri se releva et il y eut alors en elle un déclic, comme une clé tournant dans une serrure. La pièce avait à présent la perfection d'un cercle. Telle une cloche. Telle la lune quand elle est parfaitement pleine.
De joie, Auri se mit à rire, et chaque éclat de son rire était comme un petit oiseau fusant de sa gorge pour s'élancer dans le salon.
Elle se tint au centre de la pièce et tourna sur elle-même pour la voir tout entière. Et quand son regard avisa l'anneau posé sur la table, elle vit que ce n'était plus là sa place. Il était libre d'aller où il le désirait. Il vibrait d'un chant doré et la braise qu'il renfermait était aussi délicate qu'un après-midi d'automne.
Débordant de joie, Auri se mit à danser. Ses pieds nus blancs sur la douceur noire de mousse du tapis. »
Le mot de la fin :

Un roman très attendu que j'ai dévoré, un peu trop court certes, mais vibrant, poétique et beau !

dimanche 8 novembre 2015

Le Temps des fées ~ Sandrine Gestin

« J'ai posé mes rêves sur le papier... »




Résumé de la quatrième de couverture :

« Les illustrateurs comme Sandrine Gestin ne sont pas que de simples faiseurs d'images – une alchimie déjà assez magique en soi – mais aussi des messagers et des scaldes. Ils sont de ceux qui ont goûté le sang des Dragons et comprennent le chant des oiseaux. Ils ont parlé avec le Chevalier Vert et regardé la Morrigan chevaucher dans la brume. Ils sont capables de voir le château sur la septième vague. Les corbeaux sont assis sur leurs épaules... »

John Howe
Je connaissais Sandrine Gestin et c'est ce qui m'a poussé vers cet artbook. Il est composé de croquis et de toiles avec des explications de Sandrine. Elle nous explique son parcours au travers de ses œuvres, elle met en avant certains de ses projets. Elle nous montre l'étendue de son talent. Son travail est divisé en plusieurs parties, ses débuts, les animaux, la Petite Faiseuse...
C'est une artiste remarquable avec un univers absolument enchanteur. Elle travaille aussi comme illustratrice pour d'autres personnes mais c'est toujours avec délicatesse et investissement. Elle met beaucoup de douceur et de vie. Le livre en lui-même est très beau. Les couleurs sont vivantes, le format permet des reproductions d'une taille agréable ainsi que pas mal de texte explicatif.





mardi 3 novembre 2015

Histoires pressées ~ Bernard Friot

« Il était une fois un enfant qui ne croyait pas aux histoires. »




Résumé de la quatrième de couverture :

Histoires pressées, ce sont des histoires courtes à déguster à table entre deux bouchées, à l'école dans la cour de récré, ou ailleurs si ça nous chante. Histoires à terminer, à raccommoder, à détruire en mille morceaux. Juste le temps d'un sourire, d'un frisson ou d'une émotion. Il arrive tant de choses bizarres dans la vie quand on sait comment la regarder !
J'avais lu ce livre en primaire et j'en gardais un très bon souvenir. Je me suis donc dit que j'allais le relire, histoire de passer du bon temps mais j'ai été assez déçue.
C'est un recueil de plusieurs histoires très courtes, un peu comme des nouvelles, destinées à un public jeune. Le concept est vraiment chouette, surtout pour des enfants qui ne sont pas trop portés sur la lecture. Les histoires se veulent drôles, efficaces, avec des référents que l'enfant connait : la peur du monstre sous le lit, la maman autoritaire, les princesses et les sorcières, les animaux... Tout est fait pour que le lecteur soit en terrain connu.
Ce que je trouve problématique, c'est la chute. Ou plutôt la quasi-totale absence de chute. On s'attend à quelque chose qui n'arrive jamais et cela donne l'impression que les histoires sont inachevées. Je suis restée quasiment tout le temps sur ma faim. Ce qui devait être des traits d'humour tombe plus ou moins à plat.
Cela dit, pour des enfants qui n'ont pas beaucoup d'attentes, cela reste un bon moyen de les faire lire. Ils n'auront pas le même regard et sauront se satisfaire du premier degré et du langage très simple.
Extrait :

« Une puce se promenait sur le bras d'un fauteuil. Elle rencontra un long cheveu blond qui se regardait dans un miroir de poche.
-Hé ! fit le cheveu, faites donc attention où vous marchez. Surtout ne me touchez pas, ne me déplacez pas : je suis un indice !
-Un indice, qu'est-ce que c'est que ça ?
-Figurez-vous qu'un crime a été commis ici, dans cette pièce. »
Le mot de la fin :

C'est une lecture très adaptée aux enfants et qui du coup ne correspond pas aux attentes d'un lecteur plus confirmé.