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"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

mardi 29 septembre 2015

Le Seigneur des Anneaux : La Communauté de l'Anneau ~ J.R.R. Tolkien

« Déloyal est qui dirait adieu quand la route s’assombrit »



Résumé de la quatrième de couverture :

Dans les vertes prairies de la Comté, les Hobbits, ou Semi-Hommes, vivaient en paix... jusqu'au jour fatal où l'un d'entre eux, au cours de ses voyages, entra en possession de l'Anneau Unique aux immenses pouvoirs. Pour le reconquérir, Sauron, le seigneur ténébreux, va déchaîner toutes les forces du Mal... Frodon, le Porteur de l'Anneau, Gandalf, le magicien, et leurs intrépides compagnons réussiront-ils à écarter la menace qui pèse sur la Terre du Milieu ?
C'est assez tard que je me lance dans la lecture de cette saga culte, et c'est après avoir vu les films. Je partais donc avec un certain schéma en tête et au fil des pages je suis allée de surprise en surprise, tant le film s'éloigne du récit.
Je commencerai donc par la trame générale. L'intrigue est assez dense. Le problème de l'anneau devient central très rapidement et la quête donnée à Frodon s'amorce assez vite aussi. Mais cette dernière se révèle bien longue et fragmentée en différents épisodes. Celui que je retiens le plus se situe après le départ de nos quatre hobbits du pays de Bouc, lorsqu'ils font la rencontre d'un certain Tom Bombadil. Il faut attendre la moitié du livre pour arriver à Fondcombe, autant dire qu'il s'en est passé des choses avant, dont beaucoup sont passées sous silence dans le film. Le voyage de la communauté m'a paru bien plus compliqué dans ce tome, ils cherchaient sans cesse leur direction, se concertaient souvent et ont émis plus d'hypothèses de route que dans le film. En somme, tout est plus complet (ce qui est normal), mais je pense qu'il y avait moyen que le film se conforme plus au livre.
Je ne me suis pas attachée aux personnages que j'attendais. Tom Bombadil a été une agréable rencontre, légère et guillerette. Gandalf est vraiment quelqu'un d'incroyable, tout en force et en sagesse et à mon sens c'est presque lui le personnage principal. J'ai adoré les piques qu'il lance à Pippin, très sarcastiques. En revanche, Legolas n'a presque jamais la parole, et que dire d'Arwen qui est évoquée à peine deux fois en près de sept cents pages. J'ai vraiment du mal à comprendre comment le film a pu lui donner une telle importance dans ce premier opus. Ce n'est même pas elle qui sauve Frodon lorsqu'il est pourchassé par les Cavaliers Noirs. Le dernier personnage que j'évoquerai est Boromir qui semble avoir une âme bien plus sombre que dans le film. Ses pensées sont entièrement dirigées vers sa cité et il ne se gêne pas pour le dire tandis que le film le montre plus effacé, ce qui est dommage.
Les descriptions sont incroyables, notamment pour les cités elfiques et la Moria. Je me voyais vraiment dans les lieux, comme si je me trouvais face à une animation en trois dimensions, c'est assez saisissant.
Et en parlant d'illustrations, celles de cet ouvrage sont vraiment belles, ce sont des dessins uniquement en noir et blanc mais qui accompagnent le texte fidèlement. La traduction m'a un peu dérangée au début, c'est celle de 1972 des éditions Christian Bourgois, donc certaines expressions sont un peu désuètes.
Je déplore quelques petites longueurs et passages répétitifs, mais qui, noyés dans le flot d'événements, ne se voient pratiquement pas.
Extrait :

« La grande salle de la maison d'Elrond était pleine de gens : des Elfes pour la plupart, mais il y avait quelques convives d'autres sortes. Elrond, comme à son habitude, siégeait dans un grand fauteuil au bout de la longue table sur l'estrade ; et près de lui étaient assis d'un côté Glorfindel et de l'autre Gandalf.
Frodon les regarda avec étonnement, car il n'avait encore jamais vu Elrond, sujet de tant de contes ; et, assis à sa droite et à sa gauche, Glorfindel et même Gandalf qu'il croyait si bien connaître étaient révélés sous le jour de seigneurs puissants et de haut rang.
Si Gandalf était de stature plus courte que les deux autres, sa longue et abondante barbe grise et ses larges épaules lui donnaient l'air de quelque sage roi de l'ancienne légende. Dans son visage âgé, sous de grands sourcils neigeux, ses yeux sombres étaient enchâssés comme des charbons capables de s'embraser soudain. »
Le mot de la fin :

Un premier tome qui mérite bien l'adjectif indispensable, auquel j'ajouterais grandiose car l'univers dépeint ouvre nos horizons de lecteur à l'infini.


mardi 8 septembre 2015

L’Île au trésor ~ Robert-Louis Stevenson

« Nous étions quinze sur le coffre à l’'homme mort »




Résumé de la quatrième de couverture :

Jim Hawkins et le terrible John Silver, l'homme à la jambe de bois, sont les héros de cette histoire. L'Hispaniola débarque sur l'île au Trésor les « bons » et les « méchants ». Dès lors, une lutte implacable se déroule pour retrouver le trésor amassé par Flint, redoutable pirate mort sans avoir livré son secret. 
Ma première impression :

Je devais lire ce livre pour les cours alors je n'étais pas particulièrement emballée. L'action vient vite donc on ne s'ennuie pas et on entre tout de suite dans une intrigue intéressante.
L'aventure est bien sûr au rendez-vous. Des combats, une chasse au trésor, des changements de camps de la part de certains personnages, une recette simple en soi mais très efficace avec ce maître.
Les personnages sont assez classiques mais il ne faut pas oublier que Stevenson est un des pionniers du genre, donc pour l'époque c'est très novateur. Jim est assez sympathique, c'est un jeune garçon auquel on s'identifie assez facilement. Mais mon personnage préféré est incontestablement Silver. Il est atypique comme pirate, on n'arrive pas à déceler le fond de sa pensée. Il peut être attachant et protecteur tout en conservant son côté criminel. Il a vraiment deux faces opposées, le lecteur n'arrive pas à le haïr malgré ses mauvaises actions.
Il n'y a pas vraiment de surprises car on s'attend à certains événements mais il y a quand même du plaisir à assister à tout cela car c'est fluide, l'auteur a bien huilé le tout. Et puis c'est de l'aventure pure, on sait pourquoi on ouvre ce livre et il n'y a pas de déception. De plus, l'édition Livre de Poche propose un dossier explicatif très clair et bienvenu pour le contexte d'écriture et la psychologie des personnages.
Extrait :

« A l'acheteur hésitant

Si des histoires de mer aux chansons de matelot,
La tempête et l'aventure, la chaleur et le froid,
Si des goélettes, les îles, les robinsons marronnés,
Et les flibustiers, et l'or bien caché,
Et toute la vieille histoire romanesque,
Exactement redite à la façon de jadis
Peuvent plaire, comme elles m'ont plus autrefois,
A la jeunesse plus sage d'aujourd'hui :
-Alors, ainsi soit-il, allons-y ! Sinon !
Si la studieuse jeunesse a perdu cette soif,
Si elle a oublié ses anciennes passions,
Kingston, ou Ballantyne le brave,
Ou Cooper des bois et des vagues :
Alors, tant pis, ainsi soit-il encore ! et qu'avec
Tous mes pirates je partage la tombe
Où ceux-ci reposent avec leurs créations ! »
Le mot de la fin :

Un classique qui me semble presque indispensable pour comprendre l'engouement des romans d'aventure. C'est assez court, divertissant et dépaysant.

vendredi 4 septembre 2015

Va où ton coeur te porte ~ Susanna Tamaro

« Chacun tire son inspiration du monde qu’il connait le mieux. »




Résumé de la quatrième de couverture :

Seule dans sa maison, battue par les vents d'hiver, une vieille femme qui n'a plus que quelques mois à vivre écrit à sa petite-fille. Avant de disparaitre, elle souhaite resserrer les liens distendus par les aléas de l'existence. Pour cela, elle n'a que des mots. Des mots d'amour, ou des mots qui l'entrainent à évoquer sa propre vie. Elle raconte sans pudeur ni complaisance son enfance solitaire, son mariage de raison, la mort tragique de sa fille et parle pour la première fois du seul homme qu'elle ait aimé.
Quinze lettres pour dire qu'il faut faire confiance au destin et écouter son cœur. 
C'est un petit livre qui ne m'attirait pas mais qui m'a été recommandé. Je l'ai lu rapidement. L'histoire ne m'a pas emballé plus que ça, elle est lisse, sans rebondissements. Je ne me suis attendue à rien mais je n'ai eu aucune surprise.
Je commence donc par les points négatifs. Le style de l'auteur m'a dérangé. Il y a trop de métaphores, de comparaisons et de figures de style en général. On a l'impression qu'un professeur lui a demandé d'en mettre le plus possible. C'est assez insupportable car on passe toujours par des chemins dérobés pour exprimer une idée. Cela renforce le fait que c'est une grand-mère qui parle à sa petite-fille sans trop savoir de quelle façon aborder certains sujets. Globalement, le livre est trop linéaire, trop lisse. Le lecteur n'a pas de réelle surprise. Le résumé promet une vie pleine de rebondissements mais je n'ai pas retrouvé la tension que j'attendais. C'est d'ailleurs ce qui conduit à une fin décevante.
Les points positifs sont assez restreints. La deuxième moitié propose des réflexions plus intéressantes. C'est ce que j'ai le plus aimé, certains passages donnent à penser sur un peu tout, les choix dans la vie notamment. La narratrice essaie de comprendre les événements de sa vie, de leur trouver une cause dans son enfance, la relation avec ses parents. La forme que prend ce livre est intéressante. Je n'appellerai pas cela de l'épistolaire car il n'y a pas d'échanges de lettres. J'ai plus eu l'impression que la grand-mère rédigeait un journal intime. Mais elle oscille entre ses souvenirs, ses réflexions et ce qui se passe au moment présent. Cela ajoute un peu de rythme, vraiment bienvenu car le fond est plutôt lisse.
Il y a un deuxième tome que je ne lirai pas car je n'ai pas apprécié le présent. Il s'intitule Ecoute ma voix.
Extrait :

« Il y a des vérités qui apportent un sentiment de libération et d'autres qui imposent le sens du terrible. Celle-là appartient à la seconde catégorie. Où finit la chaîne des fautes ? Avec Caïn ? Est-il possible que tout remonte aussi loin ? Y a-t-il quelque chose derrière tout cela ? Un jour, dans un livre indien, j'ai lu que le destin est tout-puissant et que l'effort de la volonté n'est qu'un prétexte. Après cette lecture, une grande paix est descendue en moi. »
Le mot de la fin :

Un petit livre qui se lit très vite, globalement agréable mais sans intérêt majeur. Certains passages sont plus intéressants en termes de réflexion quasi philosophique, mais le reste demeure plat.