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"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

mardi 28 avril 2015

Les Fausses bonnes questions : Mais qui cela peut-il être à cette heure ? ~ Lemony Snicket

« Et pourriez-vous me conduire quelque part ? »



Résumé de la quatrième de couverture :

Avant de lire ce livre, il serait préférable de vous poser ces questions :
1. Voulez-vous savoir ce qui se passe dans une ville en bord de mer qui ne se trouve plus en bord de mer ?
2. Voulez-vous en apprendre davantage sur un objet volé qui n’a pas du tout été volé ?
3. Pensez-vous vraiment que cela vous regarde ? Pourquoi ? Quelles sont vos motivations ? En êtes-vous sûr ?
4. Qui se tient derrière vous ?
J’ai vraiment aimé ce premier tome. Il raconte les débuts de Lemony dans une association qu’on suppose être VDC (celle qu'on retrouve dans les Orphelins Baudelaire). Il est fait mention de certains personnages de cette série d’ailleurs. Il est désormais en mission avec son mentor, une femme vraiment bizarre et assez antipathique. Une vieille femme leur demande de voler une statuette. Mais pas mal de complications surviennent.
J’aime toujours autant le style de l’auteur, beaucoup d’explications lexicales, de références intertextuelles. Encore une fois on est emporté dans un univers rocambolesque avec des personnages tous plus surprenants les uns que les autres. Certains détails nous paraissent superflus mais, comme pour la précédente série, ils se révèlent capitaux. On ne peut pas dire qu’il y a beaucoup d’action, mais ce n’est que le premier tome. Beaucoup de questions ont été posées, j’espère avoir les réponses dans les prochains tomes.
Extrait :

« Elle regagna sa machine à écrire, posée sur la même marche d’escalier que la veille, une feuille de papier engagée dedans, et lut à voix haute : « Un garçon inconnu s’est présenté à ma porte, accompagné d’une femme plus âgée qui a d’abord prétendu être sa femme. L’inconnu a demandé à voir un certain objet, et a été manifestement surpris que je le lui montre… » Et maintenant tu parles de cambriolage. Alors ? »
Le mot de la fin :

Un premier tome qui amorce une intrigue intéressante à plusieurs niveaux. J’attends vraiment beaucoup des prochains tomes en termes de complexité.

jeudi 23 avril 2015

Le Père Denoël est-il une ordure ? ~ Gordon Zola

« Peu de talent, pas froid aux yeux et chaud aux fesses : les trois meilleurs atouts du succès ! »




Résumé de la quatrième de couverture :

« SOS femmes tondues, j’écoute… » Rien ne pouvait laisser deviner à Maître Lucien Bonplaisir, avocat de l’édition, défenseur des veuves tondues et des orphelines éplorées, qu’il serait tragiquement plongé dans un des mystères criminels les plus déroutants du XXe siècle ! Le 2 décembre 1945, l’éditeur de Louis-Ferdinand Céline, Robert Denoël, est assassiné à Paris d’une balle dans le dos… Soixante-dix ans plus tard, bien que toutes les pièces du puzzle soient étalées devant nos yeux, le mystère reste entier !
Nous suivons l’avocat Lucien et sa secrétaire Lucette dans une affaire rocambolesque. Robert Denoël est assassiné et la justice conclut au meurtre d’un rodeur. Mais Lucien, après sa rencontre avec Zoé Etarivo, comprend que tout cela tient plus du complot. Les grands éditeurs parisiens cherchent à se protéger et sont prêts à tout. 
On comprend dès le début quel est le problème : celui de la collaboration avec les Allemands lors de la guerre. Les grands écrivains débattent pour savoir qui doit être éliminé pour ses écrits. Encore une fois, on se demande comment l’auteur va se sortir de cette intrigue. Vingt pages avant la fin, on ne voit pas du tout quel miracle peut résoudre l’affaire. Mais Gordon Zola est passé maître dans l’art des tours de passe-passe. 
Les personnages ne sont pas nombreux, cela permet de développer la personnalité des principaux. Lucien est vraiment la figure du gars déterminé, qui ne laisse rien tomber, quitte à devenir la cible d’un tueur en série. 
Le style est identique aux autres romans, beaucoup d’humour, de jeux de mots. Le champ lexical du cheveu est largement décliné.
Extrait :

« - Certes, mais il s’agissait là de démontrer que vous jouiez un double jeu durant l’occupation… Que vos rapports très serrés avec les Allemands vous permettaient en même temps de renseigner la résistance… D’ailleurs, le témoignage de Jo Malin, alias le Maquis de Sade, alias le Juif « indic » errant, organisateur du mouvement Mamelouk, a beaucoup fait en votre faveur…
- Il avait eu droit aux miennes, le cochon… Il aurait aussi pu faire la liasse avec Jo le malpropre, Freddy le vicieux ou Bibi le fricoteur et être aux commandes de l’opération Fourre-tout ! Peux vous assurer qu’il ne fallait pas lui en promettre au Jeannot lapin… Résistant, résistant… laissez-moi pouffer… Résistait pas beaucoup quand je faisais fumer ma poitrine, le cochon… J’ai rien voulu dire au procès, mais j’aurais pu en raconter des blettes et des pas dures ! »
Le mot de la fin :

Ce n’est pas le meilleur que j’ai pu lire, mais il reste quand même très bien. Il se lit rapidement, est très divertissant et permet d’en apprendre un peu plus sur l’épuration, une période trouble. Un historico-déconnant au poil !

mardi 21 avril 2015

Chronique du tueur de roi : Le Nom du Vent ~ Patrick Rothfuss

« Venue de nulle part, une rafale de vent a déferlé... »




Résumé de la quatrième de couverture :

J’ai libéré des princesses. J’ai incendié la ville de Trebon. J’ai suivi des pistes au clair de lune que personne n’ose évoquer durant le jour. J’ai conversé avec des dieux, aimé des femmes et écrit des chansons qui font pleurer les ménestrels.
J’ai été exclu de l’Université à un âge où l’on est encore trop jeune pour y entrer. J’y étais allé pour apprendre la magie, celle dont on parle dans les histoires. Je voulais apprendre le nom du vent.
Mon nom est Kvothe.
Vous avez dû entendre parler de moi.

Découvrez l’extraordinaire destin de Kvothe : magicien de génie, voleur accompli, musicien d’exception… infâme assassin.
Découvrez la vérité qui a créé la légende.
La couverture est bien faite car elle est ouverte vers un horizon prometteur, les couleurs sont chaudes, on a l'impression que le soleil se lève. Le livre est un peu long à démarrer car le décor doit être installé, ce n'est pas facile de plonger la tête la première dans un univers inconnu, en terme de lieux, de noms et de coutumes (monnaie, calendrier...). Mais l'intérêt vient rapidement, les personnages sont attrayants, surtout Kote, cet aubergiste qui ne semble pas à sa place dans cet environnement. Le mystère entre vite dans l'auberge et s'installe avec nous.

Le roman est divisé en chapitres qui sont entrecoupés par des interludes. Les interludes se déroulent au moment présent tandis que les chapitres sont le récit du passé du héros. Un épilogue et un prologue sont présents.

L'univers est grandiose, que ce soit les lieux ou l'Histoire créée. On croise peu de créatures fantastiques, beaucoup de mystère les entoure et c'est ce qui permet à l'histoire de rester crédible, on ne verse pas dans la fantasy à foison. On entre dans la quête du héros comme si elle était la nôtre car elle relève du surnaturel, même pour un roman d'heroic-fantasy. C'est ce qui retient notre intérêt, en plus des intrigues secondaires liées à l'université ou aux relations du héros. Les autres personnages sont intéressants, il y a les camarades de classes, la demoiselle éblouissante, les professeurs mystérieux et taciturnes. Nous retrouvons le thème de l'apprentissage de la magie qui est fascinant dans ce livre car les matières étudiées sont inédites (en ce qui me concerne). Il y a par exemple l'étude du sympathisme, la façon dont cela est décrit fait penser à une science alors que c'est bien une forme de magie.
Le principe des mémoires du héros rédigées par Chroniqueur est bien mené, nous savons dès le départ qu'il y aura trois journées de récit, donc trois tomes. C'est souvent rassurant, je trouve, que le lecteur sache qu'il n'y a pas énormément de tomes à venir, surtout lorsque la série est en court, il y a peu d'incertitudes. Les interludes nous permettent de lire au rythme de l'auberge. En effet, Kote arrête son récit quand des clients entrent par exemple, cela donne plus de naturel.
Le schéma reste dans un certain sens classique avec l'apprentissage, le passé du héros qui détermine la voie qu'il choisit, mais cela fonctionne bien, sans redondances. Il ne faut pas avoir peur des presque 800 pages, le style est fluide, l'alternance dialogues/passages narratifs ou descriptifs est bien menée.
Extrait :

« Il m'a fallu presque trois ans pour arriver jusqu'ici. Je parais peut-être jeune, mais ma place est ici. Je le mérite autant et sinon plus, qu'un de ces nobliaux cousus d'or qui ne font pas la différence entre le sel et le cyanure avant d'y avoir goûté. (J'ai fait une pause). De toute façon, je n'ai plus que deux jots en poche. Il n'y a pas un seul endroit au monde où je pourrais m'en procurer davantage et j'ai déjà vendu tout ce qui pouvait l'être. [...]Mais si vous m'admettez gratuitement et me donnez trois talents pour que je puisse vivre et acheter ce dont j'ai besoin pour apprendre correctement, alors, je serai un étudiant comme vous n'en avez encore jamais vu !
Il y eut une demi-seconde de silence, suivi par le rire tonitruant de Kilvin.»
Le mot de la fin :

Cette série fait partie de mon top 3 des livres fantasy que j'ai lus. C'est rare de trouver un univers aussi bien huilé, il n'y a pas d'incohérences, tout nous parait tellement possible, surtout la magie étudiée, c'est vraiment bien expliqué, on pourrait presque le refaire chez nous.
Ce n'est pas un livre où on reste sur sa faim, mais il est tourné vers la deuxième journée du récit de Kvothe et nous pousse vers celle-ci. 

lundi 20 avril 2015

C'est pas sorcier Harry ! ~ Gordon Zola

« En commençant l’enquête de cette manière, la chasse au pyromane risquait de faire long feu ! »




Résumé de la quatrième de couverture :

Les sorciers en ont assez ! Assez qu'on ne les prenne plus au sérieux ! Le succès insensé et planétaire du Petit-sorcier-dont-on-ne-dit-pas-le-nom a fait de la sorcellerie aujourd'hui un simple jeu d'enfant ! Cela ne peut plus durer ! Sorciers, mages et magiciennes ont décidé de se réunir, d'agir et de frapper un grand coup pour affermir leur pouvoir occulte. Ils vont commencer par voler le septième et dernier manuscrit de l'auteur britannique JFK Bowling et plonger le monde des « Poildus » dans la terreur et le chaos ! Des services secrets anglais à la Mafia en passant par les milices de fans, le monde en émoi se coalise pour retrouver le livre...

La France ne pouvait pas faire moins que de mettre sur les rangs son plus digne représentant : commissaire Guillaume Suitaume, le pourfendeur de malotrus et de nuisibles ! Amis lecteurs, ce qu'il va découvrir risque de ne pas vous plaire !
On part de suite dans le loufoque. Les chapitres ne se succèdent pas chronologiquement, on croise beaucoup de personnages, ce qui est déstabilisant. Au début, je me suis demandée pourquoi le narrateur parlait de différentes époques, mais je me suis vite rendue compte que tout est imbriqué et qu'il est important de se souvenir de tout afin de comprendre le fin mot de l'histoire. Mais l'intérêt est bien présent, on a envie de savoir pourquoi les mages agissent de la sorte, et surtout le septième manuscrit sera-t-il retrouvé ?
L'idée de départ est intéressante, l'humour est très présent, il y a de nombreux jeux de mots. L'histoire est prenante, on veut connaître le mot de la fin, on se demande même comment l'auteur va faire pour se sortir de cette intrigue. Le vocabulaire est très développé, il y a beaucoup de références à l'histoire, donc on apprend en lisant. 
Les personnages sont attachants, surtout Suitaume, qui est déterminé à pénétrer dans le monde du paranormal. Toute son équipe retient l'attention du lecteur avec des personnalités très différentes. Le livre n'est ni trop long, ni trop court. Les titres des chapitres sont des jeux de mots également, ce qui crée une sorte de divertissement pour le lecteur qui s'amuse à comprendre tout ce qu'il va pouvoir découvrir dans les pages à venir.
Extrait :

« Le temps était gris, incertain, guadeloupéen ; un ciel plombé et bas, moutonnant bergère. Bombo Lundi grimaçait de toutes les dents cariées qui lui restaient...sourire sauvage plein d'animosité. Il était colère ! Il avait dû abandonner son champ de canne à sucre de l'autre côté de l'île, sur Grande Terre au sud de Pointe-Noire, pour répondre à l'appel de la M.E.S.T.U.P.U.M.P.O. ! La Grande Réunion était prévue pour 2018 et cette avance de douze ans sur l'horaire ne l'arrangeait pas du tout. »

Le mot de la fin :

C'est un roman vraiment sympathique, qui demande toutefois une certaine concentration. Je ne vous conseille pas de le lire en même temps qu'un autre livre car il y a trop de détails et on perd facilement le fil. Pour en profiter pleinement, le mieux est de le lire calmement. Mais il n'est pas ennuyeux et fait vraiment passer un bon moment. Il fait partie de la catégorie "Poilar" chez l'éditeur : le polar poilant !