Citation

"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

vendredi 13 octobre 2017

Ostende 21 ~ Arthur Loustalot

« À la gare, il mit 2 euros dans le distributeur à tourniquet et lui offrit une bague. »


Résumé de la quatrième de couverture :

Adèle et Joseph ont le pouvoir et la grâce de la jeunesse. Amoureux fous.
Une virée en Belgique leur fait découvrir Ostende. Ils dorment dans les anciens thermes, un immense palais défraîchi dont les colonnes courent sur la plage grise. Un autre bâtiment trône face à la mer, le casino Kursaal. Dans ses murs, la nuit est faite pour jouer.
Adèle et Joseph ont rendez-vous avec la chance. Ils sont sûrs d’avoir trouvé la formule pour triompher aux tables de blackjack. Il n’y a qu’une condition pour prolonger le rêve : ne pas dépasser 21. Les amants envoûtés perdent et gagnent. Protégés du monde extérieur, dans les cris électriques des machines et cet instant suspendu où les cartes se révèlent, leur passion exulte. Ils reviendront, c’est une promesse.
Alors le piège se referme.
Les histoires d’amour peuvent facilement tomber dans le mièvre et le banal. Arthur Loustalot a réussi à échapper à ce travers grâce à un traitement original via le thème du jeu. Le blackjack concentre la relation entre Adèle et Joseph, les rendant euphoriques ou au contraire malheureux. Pour ceux qui ne connaissent pas les règles, Adèle et Joseph les apprennent au début avec vous. Plus d’excuses pour ne pas plonger dans cette relation passionnée !
Si Adèle et Joseph s’aiment, c’est parfois avec une certaine violence. Afin d’échapper à leur quotidien, ils partent à Ostende, ville balnéaire au paysage envoûtant. Là-bas, le jeu les happe et l’argent file. Pris dans l’engrenage, les relations se font de plus en plus tendues, au point de remettre en question leur couple. Les jeunes gens sont toujours dans l’extrême.
L’élément très singulier de ce roman est le point de vue adopté. Il s’agit de celui du croupier qui n’est donc pas toujours présent avec le couple. Il raconte l’histoire, presque de façon objective. Néanmoins, l’histoire semble parfois rêvée, comme si le croupier reconstituait les faits. Il entre dans la tête d’Adèle et Joseph avec beaucoup de détails, on est vraiment dans leur intimité. Le style est très imagé et la métaphore du poisson court tout au long du texte.
L’auteur a opté pour une fin ouverte, libre d’interprétation, qui pourrait gêner certains. Cependant, elle est aussi le reflet de ce qu’on recherche en littérature, une possession du texte par le lecteur. Chacun peut imaginer une fin à l’image de ce qu’il a compris et de ce qu’il souhaite pour le futur du couple.
Extrait :

« Moi, j’officiais derrière la seule table ouverte pour l’occasion dans la salle de jeu. Je n’avais eu qu’un client de la soirée. Et puis ils débarquèrent, main dans la main – lui était débraillé et elle essayait de boire au goulot tout en trottinant, des sourires d’ange aux lèvres. Il s’assit à la table, elle resta debout derrière lui et il dit : "Jim" en regardant mon badge, "Nous jouons ce soir pour une autre vie." Alors on entendit, venant du Grand Hall, les échos d’une chanson italienne et Adèle s’écria : "J’adore celle-là !" Joseph se leva et l’entraîna à travers la pièce, il cria : "Ne bougez surtout pas, Jim ! On revient !" Je n’ai pas bougé. »
Le mot de la fin :

Une vision singulière du couple, de ses attentes et de ses limites, servie par une écriture franche.

Alors, voulez-vous tourner ?

vendredi 6 octobre 2017

Beowulf, a translation and commentary ~ J.R.R. Tolkien

« Fearless is my heart, wherefore I forbear from vaunting threat against this wingéd foe. »


Résumé :

Le monstre Grendel terrorise les Danois en dévorant un homme toutes les nuits. Apprenant cela, les Goths envoient des chevaliers avec à leur tête Beowulf, connu pour sa bravoure. Reçu en sauveur, il met au point une stratégie pour tuer le monstre. Mais les dangers ne s’arrêtent pas là car la mère de Grendel et un redoutable dragon se dressent sur le chemin de Beowulf.

vendredi 22 septembre 2017

Courir dans la neige ~ Fabrice Tassel

« Pendant le repas, maman ne m’a pas demandé combien de temps je comptais rester. »


Résumé de la quatrième de couverture :

Il est marié et père de famille. Chef cuisinier aussi, un métier à sa mesure, lui qui aime tant partager autour d'une table, magnifier les goûts et les saveurs. À quarante-deux ans, il n’a plus le choix. Le temps d'un été, peut-être d'un bilan, il doit retourner vivre chez sa mère.
Pour celle qui retrouve le fils adoré, c’est une renaissance. Entre eux brûlent des regards, des colères, la mémoire d’une enfance aux allures heureuses et une question lancinante : comment s’aimer, tant d’années après ?
Les mois passent, et la neige recouvre la campagne. Lui est toujours là. Il s’enlise peu à peu, renonce à toute forme d’ambition. C’en est trop. Il faut agir.
Alors, pour l’amour maternel, tout commence.

vendredi 15 septembre 2017

Le Puits des Mémoires : La Traque ~ Gabriel Katz

« La guerre, mon ami, c’est comme la diplomatie : de la poudre aux yeux ! »


Résumé de la quatrième de couverture :

Trois hommes se réveillent dans les débris d'un chariot accidenté en pleine montagne. Aucun d'eux n'a le moindre souvenir de son nom, de son passé, de la raison pour laquelle il se trouve là, en haillons, dans un pays inconnu. Sur leurs traces, une horde de guerriers, venus de l'autre bout du monde, mettra le royaume à feu et à sang pour les retrouver. Fugitifs, mis à prix, impitoyablement traqués pour une raison mystérieuse, ils vont devoir survivre dans un monde où règnent la violence, les complots et la magie noire.

vendredi 1 septembre 2017

Mille ans après la guerre ~ Carine Fernandez

« On le libéra, mais l’enfance était morte avec la mère ; et l’âge d’homme lui avait gravé, à tout jamais, le rictus des ivrognes et des suppliciés sur sa trogne de paysan. »


Résumé de la quatrième de couverture :

À l’aube du XXIe siècle, Miguel, un vieil homme solitaire, quitte sa cité ouvrière de la province de Tolède pour s’enfuir avec Ramón, son chien, dans les monts d’Estrémadure. Il vient de recevoir une lettre de sa sœur lui annonçant qu’elle souhaite s’installer chez lui. Face à la menace de la vie commune, le vieux libertaire se révolte. Pour la première fois de sa vie, il ose. Il s’évade.
Il prend un autocar en direction de Montepalomas, son village natal, où il n’était pas retourné depuis la guerre civile. Hélas, le « pays » a disparu, englouti par les eaux d’un barrage.
Du lac remonteront les alluvions de la mémoire : des pans entiers de sa jeunesse belle et terrible, quand on l’appelait Medianoche (Minuit) et que vivait encore son frère Mediodía (Midi), assassiné par les Franquistes, dont le visage, mille ans après la guerre, continue de le hanter.
Le vieil homme se tient aux confins de sa vie, à la pointe de tous ses échecs et il tentera, dans ce village où rôdent encore des haines vieilles de plus d’un demi-siècle, de se libérer de son double.